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Après le décès d’un travailleur malien, l’Italie interdit le travail agricole aux heures les plus chaudes

La région des Pouilles, dans le sud de l’Italie, a imposé samedi 26 juin une interdiction de travailler dans les exploitations agricoles aux heures les plus chaudes, après le décès quelques jours plus tôt d’un travailleur malien.

Depuis samedi 26 juin, les travailleurs agricoles exposés au soleil d’une manière prolongée dans les exploitations des Pouilles, dans le sud de l’Italie, ne peuvent plus travailler aux heures les plus chaudes de la journée, entre 12h30 et 16h. Le président de la région Michele Emiliano a signé une ordonnance en ce sens.

Cette interdiction, en vigueur jusqu’au 31 août, intervient quelques jours après le décès de Camara Fantamadi, un travailleur malien de 27 ans. Le jeune homme a fait un malaise et est mort mercredi 23 juin dans les environs de Brindisi en rentrant chez lui à vélo. Camara Fantamadi avait travaillé pendant quatre heures dans les champs alors que la température avait atteint 40 degrés.

L’Italie subit actuellement une vague de chaleur et dans certaines régions méridionales, les météorologistes prévoient des températures pouvant atteindre 45 degrés.

« Mort inhumaine »

Des milliers d’ouvriers agricoles, travailleurs migrants saisonniers sans contrat de travail, viennent en Italie depuis l’Afrique et l’Europe de l’est pour ramasser des fruits et des légumes. Mal payés, ils vivent dans des conditions précaires dans des campements de fortune.

Beaucoup travaillent dans le cadre d’un système illégal mais bien rôdé, connu sous le nom de « caporalato ». Les ouvriers agricoles sont soumis à de longues heures de travail pour une rémunération bien inférieure au salaire minimum.

Ces travailleurs migrants sont obligés de payer une somme à des « caporali » ou intermédiaires parfois issus des mafias locales qui gèrent les squats, l’embauche quotidienne des ouvriers agricoles et leur transport vers les exploitations.

>> À (re)lire : Dans les Pouilles, des initiatives agricoles pour lutter contre l’exploitation des migrants

Pour le maire de Brindisi, le premier à avoir imposé l’interdiction vendredi 25 juin, le décès de Camara Fantamadi est une « mort inhumaine ». De telles conditions de travail dans les champs sont « inacceptables », notamment aux heures les plus chaudes de la journée, d’où la nécessité d’une réglementation, avait-il estimé.

Une enquête a été ouverte sur son décès, avait encore indiqué l’édile.

En juillet 2018, la mort de 16 ouvriers agricoles étrangers dans la collusion de leurs fourgonnettes revenant des champs avait relancé la polémique sur les conditions de travail des migrants dans les exploitations agricoles. Mais depuis, peu de mesures ont été prises pour protéger cette population, à la merci des réseaux mafieux.

Avec infomigrants

Guineesignal

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