INTERNATIONAL

Innovation : Un four pour transformer le plastique en carburant

Par Marwa Dellagi

A la tête d’une entreprise spécialisée dans la gestion des déchets industriels, Walter Djatsa veut réduire la pollution environnementale et promouvoir le recyclage au Cameroun.

 

Tunis (dpa) – Le Camerounais Walter Djatsa (39 ans) a mis sur pied un four à pyrolyse qui fabrique du carburant à partir de sacs en plastique. Sur 15 kilos de plastiques, le fourneau produit près de 15 litres de diesel par jour, a expliqué cet ingénieur en environnement. « Nous souhaitons passer de 15 à 150 litres de diesel par jour. L’objectif étant de couvrir nos besoins en matière d’alimentation de notre incinérateur de déchets en carburant. Nous utilisons cet incinérateur pour détruire les déchets médicaux dangereux », a-t-il dit à la dpa.

A la tête d’une entreprise spécialisée dans la gestion des déchets industriels, Walter s’est entouré d’une équipe de quatre ingénieurs pour réduire la pollution environnementale et promouvoir le recyclage au Cameroun. L’idée de lancer cette entreprise a germé lorsqu’il fut frappé par les innombrables déchets qui jonchaient les rues de Douala, la capitale économique et le principal centre d’affaires du Cameroun.

« Après mes études, j’ai travaillé deux ans dans une cimenterie qui était une véritable source de pollution atmosphérique et industrielle. Cette expérience m’a permis de prendre connaissance de la problématique environnementale au Cameroun et m’a incité à lancer ce projet », a-t-il ajouté. Depuis lors, Walter s’est lancé en tant que consultant auprès des entreprises industrielles. Avec son équipe, il les accompagne et les aide à optimiser la gestion de leurs déchets.

Fier de contribuer

Aujourd’hui, le Camerounais est en train de chercher de nouveaux partenaires afin d’agrandir les activités de son entreprise et augmenter les capacités de traitement des déchets. Actuellement, l’entreprise récupère 10 tonnes de déchets par jour, mais elle ne peut en traiter que deux tonnes faute d’équipements.

Malgré les défis financiers dont le manque d’accès aux prêts bancaires, Walter se dit fier de sa contribution à la préservation de l’environnement et d’être parmi les premiers entrepreneurs au Cameroun qui ont osé se lancer dans la dans la gestion et le traitement des déchets. Chaque année, le Cameroun produit 6 millions de tonnes de déchets par an dont 10 pour cent sont des déchets plastiques, selon le ministère camerounais de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable.

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