Vilnius a annoncé jeudi offrir aux migrants une aide financière supérieure à celle prévue initialement pour les inciter à rentrer dans leur pays. Les personnes recevront désormais 1 000 euros, au lieu de 300 promis jusqu’à présent, ainsi qu’un billet d’avion retour.
De l’argent contre un retour volontaire au pays. Voilà la proposition que la Lituanie fait aux milliers de migrants qui se trouvent dans le pays et n’y ont pas obtenu l’asile. Vilnius a annoncé jeudi 9 décembre que la somme remise aux personnes qui accepteront de rentrer dans leur pays sera de 1 000 euros et non plus de 300 euros, comme promis jusqu’à présent. Les personnes recevront également un billet d’avion retour.
>> À (re)lire : La Lituanie et la Lettonie durcissent leur politique face aux migrants venus de Biélorussie
« Après avoir rejeté la plupart des demandes d’asile, nous avons besoin de solutions pour renvoyer les migrants dans leur pays d’origine », a déclaré à l’AFP la ministre de l’Intérieur Agne Bilotaite. « Nous espérons que le versement plus élevé augmentera le nombre de migrants qui rentrent volontairement », a-t-elle ajouté.
L’argent destiné aux migrants vient des fonds fournis par la Commission européenne pour aider la Lituanie à faire face à la crise à ses frontières.
Des milliers de personnes en centres d’hébergement
Depuis l’été, des milliers de migrants, principalement originaires du Moyen-Orient, mais aussi d’Afrique, sont entrés dans le pays depuis le Biélorussie voisine. Ces entrées illégales ont également concerné la Lettonie et la Pologne.
>> À (re)lire : « Tout le monde nous pose des questions mais personne ne répond aux nôtres » : dans les camps de Lituanie, les migrants rongés par l’attente
Jusqu’à présent la Lituanie n’a accordé le statut de réfugié qu’à 54 personnes, parmi les 3 272 migrants qui en ont fait la demande. Les autorités lituaniennes affirment que l’expulsion est une procédure longue et coûteuse, et qu’elle n’aboutit pas toujours, les pays d’origine pouvant refuser d’accepter les migrants.
En conséquence, ces milliers de personnes vivent depuis des mois dans des centres d’hébergements fermés et isolés. Dans certains d’entre eux, la situation s’est parfois tendue, certains exilés originaires d’Afrique accusant les autorités lituaniennes de faire une différence de traitement entre eux et les personnes originaires du Moyen-Orient.