GRAND ANGLE

Gouvernance : refonder le système pour ramener le pouvoir à la base

À l’évidence, l’un des changements structurels dont notre pays a besoin, est celui de son système politique. Tout porte à croire qu’il a été bâti de façon centralisée pour faire en sorte que le président et ses ministres soient si puissants qu’ils focalisent en permanence l’attention de l’ensemble des citoyens.
Depuis l’indépendance, nos différents dirigeants ont perpétué ce modèle de gouvernance qui a personnalisé l’exercice du pouvoir politique. D’ailleurs cela explique en partie l’ethnicisation des régimes qui se sont succédé et leur fragilité éventuelle.
Dès lors qu’une gouvernance ultra centralisée ne trouve son incarnation que sur des personnes, il va de soi que leur identité ethnique, leurs références amicales et leurs accointances affairistes s’y retrouvent associées.
Malheureusement, ce système a créé auprès des populations une perception du pouvoir politique qui les amène à moins s’intéresser aux élus locaux en matière de compétitivité et d’exigence de résultats.
La simple manière de le comprendre est de voir l’intérêt que les citoyens accordent aux plus hautes fonctions de l’État. Cela au détriment des postes électifs de député, maire ou administrateur territorial. C’est ce qui symbolise leur forte tendance à croire que leurs préoccupations ne peuvent trouver des solutions qu’au niveau le plus élevé de la hiérarchie de commandement.
Et pourtant, le schéma le plus efficace de l’exercice du pouvoir est celui qui rapproche les centres de décision aux populations. Ainsi ils verront leurs problèmes rapidement et efficacement résolus. Ils bénéficieront également d’une plus grande attention des services publics et leur contribution à la gouvernance sera plus regardante.
C’est pour dire que si les hommes de valeur étaient enthousiastes pour briguer les responsabilités de base autant qu’ils le sont pour celles du sommet, le développement et la démocratie seraient plus effectifs au bénéfice des populations.
L’efficacité de la gouvernance du sommet ne se mesure que par ses effets sur la base. C’est pourquoi il faut créer un système politique participatif qui fortifie les relais tout en rendant effective la complémentarité des institutions.
Aliou BAH
#MoDeL

Guineesignal

Recent Posts

Parc urbain de Conakry : Kaba Sidibé revient sur le chantier et les réclamations de VIDERI ENTERPRISE

Inauguré le 30 septembre à Camayenne, le Parc urbain de Conakry constitue un nouvel espace…

10 heures ago

Le français au-delà de la puissance (Par Daniel Couriol)

Que peut bien nous enseigner un chef-d’œuvre de la littérature russe du XIXe siècle sur…

1 jour ago

Bannir les démons du passé

Cette semaine, l’heure n’est plus aux politesses de circonstance. Nous devons scruter l’actualité nationale les…

1 jour ago

Guinée : Présidence et Gouvernement font le point sur les grandes priorités nationales

Conakry, 19 octobre 2026 – Le Général Amara Camara, porte-parole de la Présidence de la…

2 jours ago

Dr Ibrahima Sory Sow n’est plus : Hommage au symbole de la constance (Par Abdoulaye Condé)

Dr Ibrahima Sory Sow, ancien ministre de la Santé, ancien ambassadeur de Guinée en Allemagne…

2 jours ago

Le Corps africain : un partenariat au service de la sécurité et du développement du continent

L’Afrique est un continent aux immenses possibilités, mais dans certaines régions, ces opportunités sont freinées…

3 jours ago