INTERNATIONAL

Éviter les hydro-conflits grâce à la diplomatie de l’eau

Un tiers de la population africaine vit dans des régions qui dépendent de ressources en eau partagées entre plusieurs pays.

En raison de la raréfaction croissante de l’eau, en Afrique, les risques de conflits entre pays riverains, partageant des ressources hydriques, se sont accrus au cours des dernières années et pourraient s’intensifier dans l’avenir, préviennent des institutions internationales. Ce continent abrite environ un tiers des plus grands bassins hydrographiques internationaux du monde. Tous les pays continentaux d’Afrique subsaharienne et l’Égypte partagent au moins un bassin hydrographique international, d’après l’Organisation des Nations unies (ONU).

Selon la Banque africaine de développement (BAD), l’Afrique dispose d’environ 80 bassins hydrographiques transfrontaliers et de 38 aquifères transfrontaliers, et 33 pour cent de sa population vit dans des régions qui dépendent de ces ressources partagées. Les pressions et les menaces croissantes qui pèsent sur ces ressources sont aggravées par le changement climatique et les tendances démographiques : le continent détient le taux de croissance le plus rapide au monde, et sa population devrait augmenter pour atteindre environ 2,5 milliards de personnes à l’horizon 2050, contre 1,4 milliard actuellement.

Pour éviter les conflits liés aux ressources hydriques, des participants au neuvième « Forum mondial de l’eau », organisé au Sénégal, du 21 au 26 mars, ont exhorté les pays africains concernés à gérer conjointement leurs ressources en eau partagées. C’est le cas du président du groupe de la Banque mondiale (BM), David Malpass qui a plaidé en faveur d’un partage de « données fiables » sur l’exploitation de ces ressources. Partager des « données fiables » est une étape importante de la coopération transfrontalière en matière de gestion de l’eau, a-t-il dit, soulignant qu’en Afrique, 90 pour cent des ressources en eau sont transfrontalières.

« Il faut partager les ressources en eau qui demeurent utiles dans la gestion des impacts du climat sur le cycle hydrologique », a-t-il plaidé, cité par la presse sénégalaise.

« Cette hydro-diplomatie qui s’impose »

Pour sa part, Loïc Fauchon, président du Conseil Mondial de l’eau a soutenu que « nul n’est propriétaire de l’eau, en amont comme en aval et trop de tensions, trop de conflits nous viennent de l’absence de concertation ».

« Tous, nous voulons la paix des rives et pas la guerre des fleuves. L’exemple de la gestion du fleuve Sénégal est là devant nos yeux. Coopération plutôt que confrontation, association plutôt que division, qui permettent des terres abreuvées grâce à des fleuves protégés. Voilà bien cette hydro-diplomatie qui s’impose à nous », a-t-il dit. Long d’environ 1 750 kilomètres, ce fleuve qui prend sa source en Guinée, traverse le Mali, puis la Mauritanie et le Sénégal avant de se jeter dans l’océan Atlantique.

Il est géré par l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) créée en 1972 par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal, rejoints en 2006 par la Guinée. Depuis sa création, l’OMVS exécute un programme de développement multisectoriel et intégré, basé sur la maîtrise et la gestion rationnelle des ressources en eau. « En accueillant le neuvième Forum mondial de l’eau, le Sénégal a souhaité poursuivre sa tradition de diplomatie de paix et de concertation autour des ressources hydriques », a affirmé le président sénégalais Macky Sall.

Guineesignal

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