Vingt-six migrants, dont 13 femmes et six bébés, sont portés disparus après le naufrage de leur embarcation au large de l’archipel espagnol des Canaries. Une personne a également été retrouvée morte dans l’accident survenu dans la nuit de lundi à mardi.
« Nous nous sommes réveillés avec un terrible drame ». Helena Maleno, de l’ONG Caminando fronteras, a annoncé, mardi 26 avril, sur son compte Twitter le naufrage d’une embarcation de migrants au large des Canaries.
Au moins 26 personnes, dont 13 femmes et six bébés, ont péri dans la nuit de lundi à mardi en tentant de rejoindre l’archipel espagnol, perdu au milieu de l’Atlantique, au large des côtes ouest-africaines, indique l’activiste. Un cadavre a par ailleurs été découvert dans le canot qui a chaviré à 244 km de l’île de Grande Canarie, précise l’agence de presse Efe.
Selon une porte-parole des garde-côtes espagnols, les sauveteurs avaient été avertis du départ de 61 exilés du Camp Boujdour, au Sahara occidental. Les services de secours n’ont retrouvé que 34 migrants dans l’embarcation.

Parmi les rescapés, tous originaires d’Afrique subsaharienne, se trouvent deux mineurs, 10 femmes et 22 hommes. Les survivants ont été transférés au port d’Arguineguin, à Grande Canarie.
Une traversée risquée
Si la distance qui sépare les côtes marocaines des Canaries n’est que d’une centaine de kilomètres, la traversée de l’Atlantique n’est pas sans risques. Les forts courants, les vents violents et les canots surchargés en mauvais état qu’utilisent les exilés rendent la route extrêmement dangereuse.

Les migrants passent souvent plusieurs jours à la dérive en mer, sans nourriture et sans eau, et parfois sans essence.
Il y a deux semaines, des rescapés d’une embarcation secourue au large de l’archipel avaient déclaré à la police que deux migrants s’étaient jetés à l’eau de désespoir. Le groupe avaient passé une semaine à la dérive dans l’Atlantique.
En avril 2021, Aïcha, une adolescente ivoirienne avait raconté à la BBC avoir passé 22 jours en mer avant d’être secourue par les forces espagnoles.
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« Il y avait des hommes qui n’arrivaient même pas à se lever et hurlaient de soif. On prenait des baskets et prenait l’eau de la mer avec [pour leur donner à boire] », avait expliqué en sanglots Aïcha. Sur les 59 passagers de son embarcation, seules trois personnes avaient survécu. « Au début, on faisait des prières », avait encore détaillé Aïcha au média britannique, à propos des morts à répétition autour d’elle durant la traversée. « À la fin, même plus la force de faire des prières, même plus la force de prendre le corps et de le jeter à l’eau. »
Début janvier, Caminando Fronteras avait dressé un bilan des drames migratoires sur l’ensemble de l’année 2021, en s’appuyant sur les appels des migrants ou de leurs proches via ses numéros d’urgence. L’association avait recensé cette année-là 4 404 personnes mortes ou disparues sur les routes maritimes vers l’Espagne, dont 90 % vers les Canaries. Une augmentation de plus de 100 % par rapport à 2020.
Les chiffres de 2022 ne sont pas encore connus. Mais, d’après le journaliste espagnol Txema Santa, « plus de 100 migrants sont décédés dans au moins trois naufrages » au cours des deux derniers mois de l’année.