GRAND ANGLE

Opinion : Arrivez-vous à dormir la nuit malgré le bruit ambiant et inutile ?

Les « shows de rue » nocturnes et tonitruants sont des faits prévus et punis par la loi. On les appelle tapages nocturnes. La loi condamne aussi bien le tapage diurne.

Ces vauriens qui amassent patiemment de l’argent pour acheter une sono à grands décibels et jouer les disc-jockeys la nuit sur la voie publique pour draguer les filles et les enceinter à tour de bras nuisent à la société, car le sommeil réparateur est sacré.
L’ennui c’est que ni le chef de secteur, ni le chef de quartier, ni même la police n’intervient pour qu’ils déguerpissent illico presto.
Ils font plus de bruit qu’il n’en faut pour leur petite cérémonie, et jusqu’au petit matin.
J’avais habité un immeuble dans une commune de Conakry. Ayant emménagé le jour, je trouvai mon appartement moderne et insonorisé, donc propice au home work, à mon travail de consultant à domicile. Je n’avais rien compris.
Le soir, à 22h, une sono retentissa dans la rue avec une telle force et avec une musique qui me tapait tellement sur les nerfs que c’était comme si les baffles etaient installés dans mon appartement. Ça me dérangeait beaucoup mais je pensais que ça s’arrêterait avant minuit. Eh bien, jusqu’à 4h du matin, l’animateur tympanisa tout le secteur sur un grand rayon. Je ne pus trouver le sommeil qu’au petit matin.
Cependant, je n’étais pas au bout de mes surprises. Car, le lendemain, bis repetita. Et les jours d’après. Sans arrêt !
Le propriétaire de l’immeuble avait voyagé en France. Trois mois après, n’en pouvant plus, fatigué par les insomnies, les nerfs à vif, je m’arrangeai avec le gérant pour trouver un autre locataire et aller m’installer à La Minière. C’était comme si j’entrais au paradis. Mais il me fallut plusieurs mois pour récupérer les neuf mois d’avance restante que le propriétaire détenait par devers lui. Un autre calvaire !
Les tapages musicaux à ciel ouvert sont devenus un véritable fléau à Conakry. Pour une question d’utilité publique, la police doit mener une opération coup de poing et ratisser tous les quartiers pour en traquer les auteurs, les appréhender avec leur matos et les mettre hors d’état de nuire.
L’inconscience et l’incivisme les poussent jusqu’à faire, en pleine journée, du tintamarre aux abords d’un hôpital, d’une école, d’un cimetière, d’un lieu de culte ou dans un centre administratif, endroits où le calme est de rigueur.

Par Albassirou Diallo

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