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Espagne : les migrants mettent en moyenne 7 ans pour obtenir un titre de séjour

Les personnes arrivées en Espagne en situation irrégulière mettent, en moyenne, sept ans et demi pour obtenir un titre de séjour, selon le ministre des Migrations. Pour bénéficier d’un statut en règle, les migrants doivent justifier de trois ans de présence dans le pays et d’un contrat de travail d’un an de 40 heures par semaine. Un véritable parcours du combattant qui plonge, pendant des années, les exilés dans l’illégalité.

De longues années dans l’illégalité. Tel est le sort réservé aux milliers de migrants qui débarquent en Espagne et décident de s’y installer. Début juillet, le ministre des Migrations, José Luis Escrivá, a révélé que les personnes arrivant dans le pays en situation irrégulière mettent en moyenne sept ans et demi pour obtenir un titre de séjour.

La faute au système de régularisation en vigueur en Espagne, dénoncent les experts. S’ils ne sont pas éligibles à l’asile, les exilés sont contraints d’attendre plusieurs années pour faire valoir leurs droits à travers un « arraigo social ». Ce permis de séjour et de travail temporaire a été conçu pour les étrangers venus de manière illégale, mais n’est pas si simple à acquérir.

>> À (re)lire : Pour « lutter contre l’immigration clandestine », l’Italie va accorder 75 000 permis de travail

Pour pouvoir y prétendre, les migrants doivent justifier d’une présence d’au moins trois ans en Espagne, en fournissant une attestation de domicile délivrée par les municipalités. À cela s’ajoute un contrat de travail d’un an, de minimum 40 heures par semaine. Or, les exilés ne possèdent pas toujours de document de location et ne trouvent pas facilement d’emploi déclaré. Et même s’ils travaillent de manière légale, les contrats de 40 heures sont extrêmement rares.

De plus, le contrat entre l’employeur et le salarié étranger est soumis à l’autorisation des autorités, qui le valident ou non. Cette procédure peut prendre environ six mois dans les cas les plus simples, et plus d’un an pour ceux plus complexes. Un véritable parcours du combattant, qui décourage les patrons d’embaucher des migrants. « Aucune entreprise ne veut faire un contrat comme celui-ci », affirme au quotidien espagnol El Pais Paco Solans, porte-parole de l’association Extranjeristas en red (Étrangers en ligne).

Une société vieillissante

Résultat : on assiste au développement d’un marché parallèle. « Des faux contrats sont vendus aux exilés en échange de 3 000 ou 4 000 euros », assure à InfoMigrants Ahmed Khalifa, de l’association pour l’intégration des migrants en Espagne.

Une nouvelle loi, légèrement plus souple, devrait bientôt voir le jour. Elle permettra aux étrangers en situation irrégulière d’obtenir un titre de séjour en échange de deux ans de résidence dans le pays et d’un contrat de formation.

>> À (re)lire : Espagne : une nouvelle loi pour faciliter l’obtention de titre de séjour pour les mineurs

Un texte bienvenu dans le contexte actuel, mais les autorités vont être obligées d’aller plus loin. L’Espagne va devoir opérer des changements radicaux dans les prochaines années si elle veut sauver son système de retraite. Sa population, comme beaucoup d’autres en Europe, se montre vieillissante et souffre d’un faible taux de natalité. Autant de facteurs qui menacent le financement des pensions de la génération des « baby-boomers ».

Le gouvernement de Pedro Sanchez estime que le pays doit accueillir au moins 200 000 migrants chaque année pour parvenir à l’équilibre. En 20 ans, le nombre de travailleurs étrangers est passé de 1,4 à 2,4 millions, soit une moyenne de 70 000 tous les ans, selon l’Institut espagnol de la statistique (INE). Bien loin du nombre escompté pour préserver le régime de retraite ibérique.

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