(…) Le plus révoltant, c’est que malgré les recherches irréfragables de Cheikh Anta Diop, de Théophile Obenga et d’autres égyptologues blancs honnêtes qui ont marché dans les pas de Champollion, comme Volney et certains de nos contemporains occidentaux, on refuse toujours d’aborder la question de l’ethnographie des Égyptiens de l’Ancien, du Moyen et du Nouvel Empires pour reconnaître que l’Égypte est née (à l’époque où c’était presque partout la période de l’homme des cavernes) du génie exclusif d’Africains noirs venus des profondeurs de l’Afrique centrale en descendant le Nil, comme le rappelle d’ailleurs l’antique poète et historien grec Homère, qui avait visité ce mirifique pays bien avant Hérodote, Thalès, Aristote, Thucydide, etc. Dans l’Iliade, Homère écrit : « Les Égyptiens disent qu’ils sont arrivés en Basse et en Haute Égyptes en descendant le Nil ». Or, le Nil Blanc prend sa source au lac Victoria (Ouganda, Kenya, Tanzanie) et le Nil Bleu est issu du lac Tana (Éthiopie).
Ne pouvant ou ne voulant accorder le bénéfice moral de la civilisation égyptienne aux Noirs africains (et non aux Dravidiens ou à tout autre peuple), on préfère dire que c’était un peuple sémite ou asiatique venu de loin pour la fonder en terre africaine.
La civilisation de Méroé, plus ancienne, avait déjà construit des pyramides au Soudan noir et son écriture n’est toujours pas déchiffrée, contrairement aux hiéroglyphes. Là aussi, on préfère dire que Méroé est postérieure à l’Égypte ancienne (Kémet, ou Terre noire, comme les Égyptiens appellaient leur propre pays).
Tous les historiens et savants grecs qui avaient foulé le sol égyptien pour découvrir sa civilisation et apprendre ses innombrables et très avancées sciences, sa philosophie et ses arts, ont décrit ce qui leur tombait sous le sens, à savoir que les Égyptiens étaient noirs, qu’ils avaient les cheveux crépus, d’où leurs dreads ou chevelure rasta, et qu’ils avaient des lèvres grosses, c’est-à-dire qu’ils étaient lippus.
Aristote va même plus loin en disant qu’ils étaient « manga mélès » (extrêmement noirs). C’est tout dire !
Voyez Narmer (dit Menès chez les Grecs anciens), le premier pharaon qui réunifia sous la même couronne la Haute et la Basse Égyptes et qui fonda la première dynastie égyptienne il y a plus de 5.000 ans. Voyez plus tardivement Khéops, le bâtisseur de la grande pyramide de Gizeh sous la 4e dynastie et dont le nez fut cassé à dessein par des égyptologues blancs au 19e siècle pour cacher son caractère négroïde frappant ; Touthmôsis III ; Toutânkhamon ; le grand bâtisseur Ramsès II, tous trois de la 18e dynastie, au visage mutilé par jalousie et par volonté délibérée d’obscuration de l’apport civilisationnelle de l’Afrique noire…
Si vous visitez le Village pharaonique du Caire, en tant qu’Africain noir, vous allez enrager, car tous les pharaons et toutes les classes aristocratiques sont représentés par des Arabes et les classes inférieures par des Noirs. Or, Ismaël, le père des Arabes, est né près de 2.000 ans après la construction des pyramides de Gizeh.
Autant dire que les Arabes n’ont rien à voir avec la civilisation égyptienne. Ils ont occupé l’Égypte au 7e siècle avec l’expansion islamique, même pas à la Basse époque égyptienne marquée par la colonisation grecque puis romaine et des métissages physiques et culturels qui donnèrent naissance aux Coptes que l’on voit en minorité catholique en Égypte depuis notre ère (exemple : Boutros Boutros Ghali).
Il y a trop à dire sur l’Égypte ancienne qui donna tout à l’humanité et sortit beaucoup de peuples des grottes…
Extrait d’une publication d’Albassirou Diallo
