Il est vrai que le premier droit d’un accusé est de mentir pour échapper à une condamnation. Toumba ment, Toumba ne ment pas, la cour appréciera.
Je suis néanmoins déçu par les questions de maître Salifou Béavogui, qui, au lieu d’établir la culpabilité de l’accusé, comme cela se doit, la suppose et la déclare constamment, sur les déclarations tirées de procès-verbaux de ses co-accusés qui, bien évidemment, cherchent légitimement à se tirer d’affaire. Or, tout accusé est supposé innocent jusqu’à ce que le tribunal prouve sa culpabilité et le condamne.
Toutes les instructions et tous les procès-verbaux préliminaires perdent toute valeur dès que le procès est engagé. Seule la vérité manifestée devant le tribunal, même si elle est en contradiction totale avec toutes les déclarations antérieures de l’accusé, peut fonder la religion de la cour.
Maître Béavogui se prend certainement pour Jacques Vergès, sans en avoir aucunement les qualités et la finesse, mais il se trouve devant un serpent qui peut l’avaler.
À bon chat, bon rat.
Personnellement, je suis persuadé que Toumba n’a pas peur d’être fusillé au terme de ce procès, à tort ou à raison. Il est constant, dans ses déclarations.
Le procès est loin de finir. On attend l’audition des autres accusés. Seront-ils aussi pertinents et constants que Toumba ?
Question à 1000 francs. Surtout quand le principal mis en cause sera à la barre. Alors, on va voir ce qu’on va voir.
Par Albassirou Diallo
