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Sénégal : Un système D pour lutter contre l’érosion côtière

L’avancée de la mer et l’érosion côtière constituent l’une des conséquences les plus visibles du changement climatique sur la zone littorale du Sénégal.

Sur la plage sud de Diogué, à la fois une île et un village niché au Sud du Sénégal, Gilbert Bassène, enseignant depuis six ans à l’école primaire de l’île, s’affaire à installer des structures constituées de piquets en bois, dans l’espoir d’empêcher l’avancée destructrice de la mer. Renforcées par des feuilles de cocotiers permettant de retenir le sable, ces structures sont semi-perméables contrairement aux digues traditionnelles construites en pierre ou en béton. Ce système D a été développé par le Français Patrick Chevalier, un professeur d’économie à la retraite, qui a souhaité redonner l’espoir aux villageois, a rapporté le média allemand Deutsche Welle (DW).

« Sur un 1,5 kilomètre de la plage sud de Diogué, qu’on appelle le quai de pêche…, on va regagner au moins 30 mètres [..] C’est ce qu’on avait déjà fait dans deux autres endroits [..] On pense que le même effet va être obtenu », a déclaré Patrick à la DW. À l’image de nombreux pays de l’Afrique de l’Ouest, le Sénégal reste très touché par l’érosion côtière, un phénomène causé par le réchauffement climatique.

« Ce n’est pas facile de quitter » l’île

Selon une étude de la Banque mondiale (BM), 56 pour cent du littoral du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Togo sont soumis à une érosion moyenne de 1,8 mètre par an. La dégradation des zones côtières de ces pays coûterait au total 3,8 milliards de dollars par an, soit l’équivalent de 5,3 pour cent de leur produit intérieur bruit (PIB). À en croire Gilbert Bassène, la situation à Diogué s’est considérablement dégradée ces dernières années.

En 2016, il y avait des cocotiers et des maisons tout au long de la plage. Les hôtels étaient à une vingtaine de mètres de la mer, a-t-il rappelé. Malgré l’efficacité constatée des structures installées par Gilbert et Patrick, les villageois restent peu optimistes dans la mesure où ils estiment que ces constructions ne sont pas suffisamment en mesure de réparer les dégâts occasionnés par l’érosion.

« Je sais que tôt ou tard les villageois vont devoir quitter l’île… Ce n’est pas facile de quitter l’endroit où on est né pour aller créer un autre environnement », a regretté Cherif Diatta, un habitant de l’île. En Afrique de l’Ouest, des foyers de migration climatique pourraient apparaître dès 2030, si des mesures concrètes ne seront pas prises, d’après la BM. Cette situation forcerait 32 millions de personnes dans cette région à migrer à l’intérieur de leurs pays d’ici 2050.

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