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    INTERNATIONAL

    « Beaucoup de données existent sur la traversée de la Méditerranée mais très peu sur celle du Sahara »

    Guineesignal28 mars 2023
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    À l’instar d’autres plateformes d’aide aux migrants en mer Méditerranée, Alarme Phone Sahara a été créé pour secourir des exilés en détresse dans le désert du Sahara. À bord d’un tuk-tuk, l’organisation part à la rencontre de migrants refoulés par l’Algérie à 15 km de la frontière nigérienne, ou de ceux abandonnés par leur passeur au sud de la Libye. Entretien avec son coordinateur au Niger, Azizou Chehou.

    InfoMigrants : Comment est né Alarme Phone Sahara ?

    Azizou Chehou : Avec plusieurs acteurs de la société civile, on s’est rendu compte que beaucoup de données existaient sur la traversée de la Méditerranée mais très peu sur celle du désert du Sahara. On s’est dit qu’il fallait créer une structure pour sensibiliser, informer les gens et les assister en cas de besoin.

    Nous avons commencé nos activités à la frontière entre le Niger et la Libye il y a quatre ans. Après 2015, c’est devenu de plus en plus dangereux de rejoindre les côtes libyennes depuis Agadez. Cette même année, le gouvernement a promulgué une loi pour criminaliser le transport de migrants. Jusque-là, c’était une activité légale qui faisait vivre des dizaines de familles. Les passeurs se sont réorganisés en contournant les postes de contrôle. C’est donc devenu plus risqué et plus couteux pour les migrants de traverser le désert.

    À partir de cette date, on a commencé à entendre parler de cas de migrants perdus ou abandonnés dans le désert par leur passeur. On a donc décidé de leur venir en aide, en louant un véhicule pour aller les chercher et les ramener à Agadez.

    IM : Alarme Phone Sahara est aussi présent à la frontière entre l’Algérie et le Niger, en quoi consistent vos actions ?

    AC : Depuis plusieurs années, on assiste à des refoulements de migrants de l’Algérie vers la frontière nigérienne. Les gens sont déposés dans le désert, au milieu de nulle part. À partir de là ils doivent marcher 15 km pour atteindre le premier village au Niger, Assamaka.

    >> À (re)lire : « On nous a abandonnés dans le désert à 2h du matin » : le calvaire des migrants refoulés de l’Algérie vers le Niger

    On croise toutes sortes de profils : des hommes seuls, des personnes âgées, des femmes enceintes, des familles, des personnes handicapées…

    Alarme Phone Sahara part secourir des migrants à bord de tuk-tuk. Crédit : Alarme Phone Sahara
    Alarme Phone Sahara part secourir des migrants à bord de tuk-tuk. Crédit : Alarme Phone Sahara

    Les conditions de marche sont extrêmement difficiles, les exilés se perdent souvent la nuit dans les dunes.

    Alarme Phone Sahara a une équipe de trois personnes basées à Assamaka. À bord d’un tuk-tuk, qui peut transporter une dizaine de personnes, on va à la rencontre des migrants refoulés par l’Algérie. On fait la navette entre le Point-Zéro et Assamaka, où un centre de l’Organisation internationale des migrations (OIM) les prend en charge.

    IM : Comment êtes-vous informés des expulsions dans le désert ?

    AC : Nous avons des contacts basés en Algérie (simples citoyens ou membres d’ONG). Ils nous informent quand des opérations de renvois sont en cours dans le pays.

    Dès qu’on est avertis, on se tient aux aguets. Souvent, les jeunes arrivent les premiers à Assamaka car ils sont en bonne santé. Quand on les voit débarquer, une équipe monte sur le tuk-tuk et part à la rencontre des personnes plus faibles. En général, on fait entre trois et quatre allers-retours. On parcourt une centaine de kilomètres à chaque opération.

    >> À (re)lire : Algérie : près de 3 000 migrants renvoyés dans le désert en 10 jours

    On peut aussi être avertis par des migrants eux-mêmes. Lorsqu’ils nous appellent, on leur pose toute une série de questions pour les retrouver au plus vite : on leur demande leur localisation, la direction prise, le dernier village dépassé, l’état physique des personnes, etc. Et on leur donne des conseils pratiques qu’ils peuvent appliquer avant notre arrivée.

    IM : Dans quel état retrouvez-vous les migrants ?

    AC : Les migrants sont dans le dénuement le plus total. Pendant les arrestations, ils sont souvent violentés par les policiers algériens. Ils sont blessés, avec des fractures aux jambes ou aux bras. Certains disent même que des policiers leur ont tiré dessus à balles réelles.

    Les migrants récupérés dans le désert algérien sont déposés à Assamaka, au Niger. Crédit : Alarme Phone Sahara
    Les migrants récupérés dans le désert algérien sont déposés à Assamaka, au Niger. Crédit : Alarme Phone Sahara

    Parfois sur la route, on tombe sur des cadavres. Depuis le début de nos activités, on a trouvé une centaine de corps, vers la Libye ou l’Algérie. Le plus souvent, les dépouilles sont en état de décomposition avancée. On les couvre de sable comme on peut, on fait avec les moyens du bord.

    C’est très dur pour les équipes. Ce genre de situation peut créer des traumatismes.

    IM : Quel message faites-vous passer auprès des migrants que vous rencontrez ?

    AC : Alarme Phone Sahara a une devise : droit de partir, droit de rester. Les jeunes ont le droit de partir mais la meilleure façon est de le faire légalement.

    Quand on croise des migrants qui veulent aller en Europe illégalement, on les informe sur la réalité des routes et les dangers qu’ils encourent. On leur conseille de prendre de l’eau et de la nourriture par exemple, d’informer leurs proches et la société civile de leur départ, de vérifier la fiabilité de leur passeur, ce genre de choses.

    >> À (re)lire : Niger : le calvaire des migrants subsahariens refoulés par l’Algérie

    On tente aussi de les dissuader mais c’est difficile. Que voulez-vous dire à quelqu’un dont toute la famille a été tuée, à quelqu’un qui, malgré des années d’études, ne trouve pas de travail, à quelqu’un qui a hypothéqué sa maison ou son terrain pour financer le voyage ? Que voulez-vous dire à l’aîné d’une famille qui part pour aider financièrement ses proches ? Nous n’avons pas de réponses à ça.

    Quoiqu’on leur dise, ils essayeront de rejoindre l’Europe. Ils ont déjà sacrifié trop de choses. Une fois, un migrant m’a dit : « Au lieu de voir les larmes couler des yeux de ma mère, je préfère que ce soit la mer qui voit mes larmes à moi couler ». Que voulez-vous répondre à ça ?

    Avec infomigrants

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