Il est vrai que les vautours viennent de tous les coins du monde pour piller nos ressources, mais on ne doit pas occulter la responsabilité africaine dans cette faillite indescriptible. Nous devons sortir de cette bassesse d’attribuer aux étrangers la cause de tous les malheurs de notre continent.
Nous devons rompre avec une mentalité paradoxalement et insidieusement néo-coloniale qui consiste à se placer uniquement dans la position de victime, du dominé, et en rejeter la faute sur les autres sans voir sa part de responsabilité.
Une chose est sûre tant que les Africains ne cultiveront pas un patriotisme sans équivoque, un amour pour la patrie et une haine pour la corruption, l’Afrique restera une prison à ciel ouvert où les oiseaux rapaces ne cesseront de s’aventurer ! Aucun État ne sera jamais à l’abri des menaces extérieurs, ni des prédations. Son respect et sa souveraineté dépendront d’abord de son organisation, de sa puissance et de sa discipline intérieure.
Notre destin ne changera pas si nous continuons d’accuser les étrangers et de pleurnicher devant la fameuse communauté internationale. Celle-ci, si du moins elle existe, elle ne sert que ses intérêts. Il y a une grande part de responsabilité qui nous revient.
C’est inconcevable qu’une grande nation comme l’Afrique soit dirigé par des pleurnicheurs, et que son peuple s’enlise dans un fanatisme aveugle. L’Afrique a besoin d’une révolution profonde. Entre-temps, au lieu de crier à la victime, exigeons plus de nos dirigeants.
L’heure est à la révolution. On a assez souffert, on assez été humilié. Aucun pays ne résoudra les problèmes d’un autre. C’est une illusion d’espérer une Afrique meilleure sans une révolution populaire.
Fabien BANGOURA
Écrivain révolutionnaire
