À l’occasion de la Journée internationale du travail, la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG) a exprimé, par la voix de son coordinateur général Amadou Diallo, ses profondes inquiétudes sur la situation sociale et économique du pays. Devant une large assemblée syndicale réunie pour cette célébration, le leader syndical a dressé un tableau critique du monde du travail en Guinée, tout en proposant des pistes de solutions.
Amadou Diallo a notamment dénoncé le manque de transparence sur les indicateurs de l’emploi, la précarisation croissante des travailleurs et la faiblesse des pensions versées par la Caisse nationale de sécurité sociale. Il a souligné que toutes les catégories de retraités sont aujourd’hui confrontées à une paupérisation alarmante.
Le climat d’insécurité, aussi bien en ville que sur les routes interurbaines, a également été évoqué, tout comme le non-respect des engagements dans le secteur éducatif. En particulier, il a déploré l’inaction du gouvernement concernant l’intégration des enseignants contractuels pourtant admis aux concours publics. Pour Amadou Diallo, l’accumulation de ces problèmes pourrait accroître les tensions sociales si aucune solution n’est trouvée rapidement.
Placée sous les signes de la paix, de la liberté, du travail décent et de la justice sociale, cette fête du 1er mai a été l’occasion pour la CNTG de lancer un appel solennel au gouvernement dirigé par le Premier ministre Amadou Oury Bah. Le syndicat exhorte les autorités à accélérer les réformes nécessaires pour un développement inclusif et une gouvernance sociale concertée.
Parmi les revendications phares, figurent la révision des textes régissant le travail, la sécurité sociale et les conventions collectives, pour les adapter aux réalités actuelles et aux normes internationales. Le syndicat appelle également à la création de nouvelles conventions dans les secteurs encore non couverts.
Enfin, le coordinateur général a mis en garde contre le chômage des jeunes, qu’il considère comme une menace sérieuse pour la stabilité du pays. Il en appelle à la responsabilité conjointe de l’État et du secteur privé pour développer des politiques d’emploi ambitieuses et durables.
Par Mariama Dalanda Bah
