Tunis (dpa) – Dans la province du Kasaï central, en République démocratique du Congo (RDC), Héritier Masambila valorise les déchets alimentaires dans l’optique de produire des larves de mouches soldats noires destinées à l’alimentation animale.
Cette technique consiste à convertir les nutriments contenus dans les déchets en engrais biologique et en aliments pour animaux, et ce, grâce aux larves de mouches soldats, connues pour leur capacité à dégrader rapidement les déchets organiques.
En misant sur cette technique appelée « bioconversion », le Congolais entend faire d’une pierre deux coups : Contribuer à assainir l’environnement en luttant contre les déchets, promouvoir l’agriculture écologique et durable dans la région du Kasaï et aider les éleveurs à réduire leurs coûts de production.
En effet, lorsque Héritier a lancé son entreprise spécialisée dans l’élevage de volaille et de porcs en 2021, il s’est heurté à la hausse des prix du soja et du maïs, des matières premières riches en protéines essentielles dans la fabrication de la provende.
« Face à cette situation, plus de 85 pour cent d’éleveurs locaux sont tombés en faillite. En outre, nous avons dû faire face à une crise alimentaire dans la région du Kasaï. Cette problématique m’a amené à chercher d’autres alternatives possibles pour réduire le coût du maïs, du soja et de la farine », raconte le promoteur de l’entreprise « Bio-africa Congo », dans un entretien accordé à la dpa.
Employant aujourd’hui une douzaine de salariés, Héritier se penche actuellement sur la création d’un centre agricole ayant pour objectif de créer jusqu’à 50 emplois dans cinq ans. Il projette par ailleurs de nouer des partenariats notamment avec le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire ainsi qu’avec des institutions universitaires évoluant dans le domaine agricole.
En 2023, le jeune entrepreneur a été lauréat de l’initiative de l’Unicef « Génération sans limites » (GenU), visant à renforcer l’éducation, la formation et les opportunités d’emploi pour les jeunes.
