GRAND ANGLE

À nous tous les fruits de notre sol commun !

Le régime Doumbouya a décidé de franchir un cap décisif en lançant une opération d’assainissement visant à retirer les permis de recherche et d’exploitation accordés à de nombreuses sociétés minières, incluant environ une centaine d’entreprises dans des secteurs stratégiques tels que l’or, le fer, le diamant et la bauxite. Cependant, cette initiative soulève des questions légitimes quant à savoir s’il s’agit d’un véritable signal fort, d’un simple coup de communication destiné à masquer l’inefficacité persistante de la gestion des ressources, ou d’un prélude à une révolution.

En attendant la réponse, notons que la réalité des entreprises en Guinée est alarmante. Elles se heurtent à de nombreux défis, tels qu’une réglementation instable et un manque de transparence dans l’attribution des permis.

Selon les experts, « peu d’entre elles respectent les normes », et beaucoup « agissent en toute impunité ». Cette situation « est exacerbée » par « une infrastructure déficiente » qui nous rend vulnérables à l’exploitation de nos propres ressources. Ces problèmes de gouvernance ont conduit à des pratiques éthiquement discutables, érodant la crédibilité de notre pays, récemment qualifié de pays à instabilité contractuelle sous le régime Alpha Condé.

Or, avec le programme Simandou 2040, nous aspirons à un développement durable qui profite à tous. De ce point de vue, l’autre question est de savoir si ce programme pourrait vraiment constituer la solution tant espérée.

En annulant les permis de certaines entreprises, le régime affirme vouloir imposer des normes éthiques et durables à l’exploitation des ressources. Cela suffit-il pour redéfinir le partenariat entre l’État et les investisseurs, tout en attirant des « capitaux respectueux des normes de durabilité », dont parlent les experts ? Ce que l’on sait pour le moment, c’est que « pour que ces mesures soient efficaces, des actions concrètes doivent suivre ».

Aussi, les experts soulignent l’importance d’établir des « mécanismes de suivi et d’évaluation rigoureux », et de mettre en place une autorité indépendante pour « superviser les activités minières ».
Dans cette optique, ils insistent sur le fait que « l’établissement de politiques claires, axées sur la transparence et la responsabilité financière, est d’une importance cruciale ».

De plus, « il est essentiel de s’assurer que les voix des communautés locales soient entendues et que leurs intérêts soient pris en compte ». Enfin, osons l’affirmer pour conclure, que chacun d’entre nous puisse tirer profit des richesses de notre terre commune. Sinon, les répercussions risquent d’être catastrophiques.
J’ai dit.

Par Alpha Abdoulaye Diallo in Le Populaire du 19 mai 2025

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