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    GRAND ANGLE

    Du potentiel à la production : quand l’Afrique se nourrira-t-elle elle-même ?

    Guineesignal18 juin 2025
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    Depuis des décennies, l’Afrique consomme ce qu’elle ne produit pas et produit ce qu’elle ne consomme pas. Cette contradiction atteint son paroxysme dans la filière rizicole. Alors même que l’Afrique dispose de plus de 60 % des terres arables non exploitées du monde, elle importe chaque année près de 16 millions de tonnes de riz, pour une facture de plus de 6 milliards de dollars US, selon les données de la FAO et de la Banque mondiale. Et pourtant, sur tout le continent, des centaines de rapports et de stratégies agricoles s’empilent, sans réelle traduction sur le terrain. À quoi bon tant de recherches, de diagnostics et de forums agricoles si aucune politique ambitieuse n’ose transformer le savoir en production concrète ?
    Pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas depuis des décennies ? Parce que le système reste déséquilibré. Produire localement une tonne de riz peut coûter entre 650 et 800 € (main-d’œuvre, intrants, irrigation, transformation), alors qu’un sac de 50 kg de riz importé est vendu à 30 € en moyenne, soit 0,60 €/kg, souvent subventionné à l’exportation par les pays producteurs (Inde, Vietnam, Thaïlande). Pour un citoyen africain vivant avec moins de 2 € par jour, ce différentiel de prix est insoutenable. Le riz local devient alors un luxe, malgré sa qualité nutritionnelle et son impact socio-économique. Résultat : le marché est noyé de riz importé, souvent moins sain, mais accessible. Cette situation est moins une fatalité qu’un abandon.
    Le reste du monde, lui, prend des mesures. En 2023, l’Inde a suspendu ses exportations de riz blanc, invoquant la sécurité alimentaire intérieure. Le Vietnam a également réduit temporairement ses volumes sur le marché mondial pour stabiliser ses prix domestiques. La guerre en Ukraine a fait flamber les prix du blé, mettant à nu la dépendance des pays africains aux céréales importées. Et la crise du COVID-19 aurait dû être un électrochoc mondial : lorsque les frontières se ferment, seuls ceux qui cultivent peuvent nourrir leur peuple. Or, aucun dispositif de sécurité alimentaire d’envergure n’a été durablement mis en place en Afrique, malgré ces alertes successives.
    Et pourtant, des modèles existent. Le Vietnam, encore dépendant de l’aide alimentaire dans les années 1980, est devenu l’un des trois plus grands exportateurs mondiaux de riz, grâce à une combinaison de prix plancher garantis, de coopératives fortes, d’infrastructures rurales, et de crédits agricoles encadrés. En Amérique latine, le Brésil a lancé le programme “Fome Zero” couplant souveraineté alimentaire et soutien à la production locale. En France, la filière du riz de Camargue fonctionne grâce à une politique de quotas européens et de valorisation de l’origine. Ces pays ont su associer savoir scientifique, volonté politique et mobilisation citoyenne. Pourquoi pas nous ?
    La vraie solution est donc claire : il faut passer à la pratique. Plus de zones pilotes. Plus de projets rizicoles de 1000 à 10 000 ha gérés par des groupements jeunes/agriculteurs/État. Plus d’appui à la transformation locale et à la consommation du riz africain. Plus de marchés publics réservés à la production nationale. Il ne suffit plus de parler d’indépendance alimentaire : il faut des mécanismes concrets, incitatifs et structurants, allant du producteur au consommateur. C’est par ces leviers que le riz africain cessera d’être un rêve trop coûteux et deviendra le socle d’un nouveau modèle économique rural.
    Alors, à quand l’audace ? À quand l’audace de nos États pour orienter les subventions vers l’agriculture plutôt que vers les importations ? À quand l’audace de nos chercheurs pour sortir des publications et monter des coopératives ? À quand l’audace de nos jeunes pour retourner à la terre avec dignité et compétence ? L’Afrique ne pourra ni nourrir ses villes, ni stabiliser sa jeunesse, ni bâtir sa souveraineté sans un saut stratégique dans l’agriculture de masse et de transformation locale. Le riz n’est pas un simple aliment. C’est un levier de résilience, d’emploi, de paix et de puissance.
    Alamina BALDE

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