GRAND ANGLE

Une Burkinabè transforme les pneus en mobilier

Son objectif est de réduire l’impact environnemental des déchets et de créer des emplois durables, tout en valorisant les savoir-faire artisanaux locaux.

Pour la Burkinabè Princesse Séverine Assoué Poadiagué, le pneu usagé est bien plus qu’un simple déchet. Il incarne un symbole de résilience et de créativité. Alors que beaucoup le perçoivent comme un matériau encombrant et polluant, Séverine a su le transformer en mobilier et objets utilitaires durables, tout en contribuant à la protection de l’environnement.

La jeune femme collecte les pneus usagés auprès de garages et des décharges municipales, qu’elle recycle et valorise, à travers son entreprise « As’soué Group » créée en 2018. Employant une dizaine d’employés, l’entreprise est basée à Ouagadougou, la capitale et la plus grande ville du Burkina Faso. Elle compte des points de représentation dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Son objectif est de réduire l’impact environnemental des déchets et créer des emplois durables, tout en valorisant les savoir-faire artisanaux locaux.

« Ce projet est né d’un engagement personnel profond. En tant que médecin, j’ai été confrontée à la réalité des conséquences sanitaires de la pollution, notamment la prolifération de maladies liées aux déchets plastiques et pneus brûlés », indique Séverine dans un entretien accordé à la dpa. « Mon expérience en tant que Miss Burkina Faso, qui m’a permis d’être nommée ambassadrice de l’environnement, m’a également fait comprendre que les discours ne suffisent pas. Il fallait agir, de façon concrète et durable. J’ai donc décidé de poursuivre bien au-delà de la couronne », ajoute-t-elle.

Bien qu’elle continue encore de rencontrer des difficultés liées notamment au manque de financement et à la réticence du public à acheter des objets recyclés, l’entrepreneure a réussi à valoriser plus de 3 000 tonnes de pneus usés depuis le lancement de son projet. Elle a formé plus de 715 personnes, en particulier des femmes et des jeunes déplacés internes.

Aujourd’hui, elle s’attèle à la mise en place d’une unité semi-industrielle pour accroître la production, améliorer la qualité, et répondre à la demande croissante. « D’ici 2030, je projette de créer une industrie verte de transformation de déchets au Burkina Faso, d’étendre notre réseau dans toute la zone UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine, ndlr) et au-delà. Mon vœu est de faire de mon entreprise un modèle africain d’économie circulaire », conclut-elle.

Guineesignal

Recent Posts

Parc urbain de Conakry : Kaba Sidibé revient sur le chantier et les réclamations de VIDERI ENTERPRISE

Inauguré le 30 septembre à Camayenne, le Parc urbain de Conakry constitue un nouvel espace…

13 heures ago

Le français au-delà de la puissance (Par Daniel Couriol)

Que peut bien nous enseigner un chef-d’œuvre de la littérature russe du XIXe siècle sur…

1 jour ago

Bannir les démons du passé

Cette semaine, l’heure n’est plus aux politesses de circonstance. Nous devons scruter l’actualité nationale les…

1 jour ago

Guinée : Présidence et Gouvernement font le point sur les grandes priorités nationales

Conakry, 19 octobre 2026 – Le Général Amara Camara, porte-parole de la Présidence de la…

2 jours ago

Dr Ibrahima Sory Sow n’est plus : Hommage au symbole de la constance (Par Abdoulaye Condé)

Dr Ibrahima Sory Sow, ancien ministre de la Santé, ancien ambassadeur de Guinée en Allemagne…

2 jours ago

Le Corps africain : un partenariat au service de la sécurité et du développement du continent

L’Afrique est un continent aux immenses possibilités, mais dans certaines régions, ces opportunités sont freinées…

3 jours ago