Bien que les lois sur les droits des enfants en République de Guinée soient de plus en plus sévères, les filles guinéennes continuent de subir diverses violations de leurs droits en raison de certaines pratiques coutumières et traditionnelles. Parmi ces pratiques, on peut mentionner, entre autres, les mutilations génitales féminines et les mariages d’enfants. C’est un véritable problème dans la région administrative de N’Zérékoré à l’heure actuelle. Les coutumes ancestrales et d’autres pratiques traditionnelles largement répandues dans les quatre régions naturelles du pays ont un impact considérable sur la population, ce qui explique la persistance de cette pratique dans la région. Ces coutumes et pratiques traditionnelles et religieuses ont pour point commun la domination de l’homme sur la femme, et tolèrent même certaines formes de violences faites aux femmes et aux filles. Elle est également causée par le manque de connaissance et le non-respect des textes de loi par les différentes communautés.
C’est la raison pour laquelle, devant ces constats douloureux, l’ONG Les Mêmes Droits pour Tous (MDT) en partenariat avec Girls First Fund a initié « le projet de lutte contre les mariages d’enfants, approche juridique et judiciaire » dans la région administrative de N’zérékoré.
Ce projet vise à offrir une assistance juridique et judiciaire aux victimes de mariages d’enfants. mais aussi la planification des sessions d’information, de sensibilisation et de plaidoyer pour que tous les acteurs communautaires s’impliquent efficacement dans la lutte contre cette pratique.
Adrien Cherif, coordinateur régional de MDT (Même Droit pour Tous), initiateur de cet atelier sur objectifs » il s’agira non seulement d’informer et de sensibiliser tous ces acteurs sur les causes et les conséquences des mariages d’enfants, mais aussi d’outiller tous ces acteurs sur le cadre légal et institutionnel du mariage des enfants en République de Guinée afin que chacun puisse jouer pleinement son rôle au sein de son domaine d’intervention et communauté respective dans la lutte contre ce fléau. »
Prenant part à cette rencontre, Imam Abdoulaye Sâa Tolno, représentant du Secrétariat Préfectoral des Affaires Religieuses, a pour sa part remercié l’ONG Même Droit pour Tout pour le renforcement de leur capacité avant de laisser entendre ceci… »Nous, les leaders religieux, avons besoin d’avoir beaucoup de connaissances pour pouvoir sensibiliser. Parce que le rôle primordial d’un leader religieux, c’est de sensibiliser, réconcilier ceux-là qui sont en désaccord. Donc l’ONG MDT a eu la volonté de nous venir en aide en renforçant les capacités. »
Lela Bamba, Présidente du conseil préfectoral des femmes et filles de Lola, participante, est revenue sur les attentes au sortir de cet atelier. » Nous devons sensibiliser nos mamans, nos filles sur les dangers liés aux mariages précoces. Conseiller les mamans de bien encadrer les enfants ayant atteint l’âge de la puberté dans des causeries liées à la sexualité, donc organiser des séances de causeries avec les enfants garçons comme filles sur les enjeux liés aux mariages d’enfants. C’est une situation qui met en retard le développement, l’évolution des familles. Il arrive même que des enfants perdent la vie. », a-t-elle laissé entendre.
Pour cet atelier régional, le coordinateur de l’ONG Même Droit pour Tout ( MDT) a tenu compte du profil des participants :
Des acteurs de la chaîne pénale de la région, ( un magistrat du siège et un magistrat du parquet des six juridictions de la région, des OPJ issus de la police et de la gendarmerie des six préfectures de la région et les cinq avocats demeurant près le tribunal de première instance de N’Zérékoré et des leaders religieux et des membres des conseils des sages de la région administrative).
Après deux (2) jours, cet atelier s’est clôturé par la représentation des six acteurs.
Thea pour GS
