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    GRAND ANGLE

    « C’est l’OQTF qui l’a tué » : Mamadou Garanké Diallo, boucher de 21 ans, est mort en voulant rejoindre l’Angleterre

    Guineesignal4 octobre 2025
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    Mamadou Garanké Diallo est mort en septembre 2025. Sous le coup d’une OQTF, ce jeune boucher de Darnétal près de Rouen, âgé de 21 ans, tentait de rejoindre l’Angleterre avec d’autres migrants.

    L’annonce de la mort tragique de Mamadou Garanké Diallo a suscité une vague d’émotion à Darnétal, près de Rouen (Seine-Maritime).

    Dans la boucherie où il travaillait depuis 2020, ses patrons ne comprennent pas la mesure d’OQTF (Obligation de quitter le territoire français) qui visait ce jeune homme « très sérieux et très bien intégré« .

    Mamadou vivait avec une épée de Damoclès depuis son arrivée en France. Originaire de Guinée Conakry, il était arrivé seul à Rouen à l’âge de 14 ans.

    Accompagné par les services de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), Claude Renard, propriétaire de la boucherie Renard, à Darnétal, veut lui faire confiance et lui fait signer un contrat d’apprentissage.

    Une mobilisation en 2023

    Très impliqué dans son travail et apprécié par ses patrons autant que la clientèle, Mamadou espère un avenir meilleur avec un contrat dans cet établissement. Mais une décision de la préfecture de Seine-Maritime va doucher tous ses espoirs.

    À la fin de son année scolaire en 2023, il est visé par une mesure d’OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) qui met fin à son contrat de travail. Une mobilisation se met alors en place pour soutenir Mamadou.

    « Il m’appelle Papy, il connaît les enfants, les petits-enfants. C’est un apprenti de grande valeur. Toujours là, toujours à l’heure. C’est mon bras droit », témoignait en 2023 son patron Claude Renard.

    « Je suis parti de chez moi parce que c’est la misère. C’est très difficile de trouver à manger, racontait le jeune apprenti. J’aime bien rester avec Papy car depuis le temps, il m’a appris plein de choses. Je préfère rester ici pour travailler et être comme tout le monde, payer mon loyer, payer mes impôts. »

    Une pétition est lancée et un courrier signé de la main du maire de Rouen, Nicolas Mayer Rossignol, et de plusieurs députés est envoyé au préfet de Seine-Maritime pour l’alerter sur l’incohérence de la situation.

    Il obtient alors une carte d’identité consulaire, Mamadou Garanké Diallo peut alors rester en France et conserve son travail à la boucherie Renard.

    Il meurt percuté par un camion

    Mais ce soulagement ne dure à peine deux ans puisqu’en juin 2025. Il quitte brusquement son travail et la France suite à une mesure d’Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) prise à son encontre par la préfecture de la Seine-Maritime.

    Cette deuxième expulsion le fait paniquer et quelques semaines plus tard, il décide d’aller se réfugier en Angleterre.

    À partir du 18 septembre 2025, l’association Pour un avenir meilleur, qui suit Mamadou Garanké Diallo depuis son arrivée à Rouen, reçoit des témoignages indiquant que le jeune homme serait mort dans un accident mortel, à Loon-Plage, près de Dunkerque.

    Koura, une des ses mamans de cœur, se rend à Dunkerque et identifie le corps de Mamadou. Elle l’annonce à Lara Lavesque, la deuxième maman de cœur qui avait accueilli le jeune homme au sein de sa famille pendant 18 mois :

    « il a voulu nous préserver, ne pas nous inquiéter mais on a découvert qu’il était dans la précarité, dans la peur et dans cet espoir constant d’avoir un avenir meilleur et dans cette tentative, il a perdu la vie. »

    Cette mère de famille avait convenu avec Mamadou un accueil gracieux pour qu’il puisse mettre de l’argent de côté pour se payer le permis. Elle pointe du doigt des incohérences voire des fausses informations dans le courrier de la préfecture de la Seine-Maritime.

    « Le courrier fait état d’un emploi illégal hors ses deux patrons étaient très carrés. » S’ajoute à cela la mention de : « l’intéressé ne justifie pas de ressources stables et légales ». Hors, Mamadou a été en mesure de présenter toutes ses fiches de paie à la préfecture.

    C’est à la suite de ce courrier qu’il prend la décision de fuir la France.

    « C’est l’OQTF qui l’a tué, il avait du travail, j’étais prêt à lui donner un CDI« , raconte Frédéric Bécu le nouveau patron de la boucherie. Et d’ajouter : « c’était un bon gars, un bout en train tous les clients pourraient vous le dire ».

    Des clients sous le choc

    Depuis l’annonce de cette fin trafique, les clients se rendent à la boucherie pour faire part de leur émotion.

    « C’était un garçon adorable, qui a beaucoup appris ici. Il était de bonne volonté, il voulait rester en France. Il s’était très bien adapté. On ne comprend pas pourquoi on lui refusait le sol français, il ne demandait qu’à s’intégrer« , regrette Marie cliente depuis une dizaine d’années.

    Une autopsie et une enquête sont en cours, son patron va tout faire pour que le corps de Mamadou revienne en Guinée.

    Catherine Marc, militante dans un collectif en lien avec l’association « vivre ensemble à Darnétal » qui œuvre sur des projets de solidarité notamment entre les commerçants de la ville et des jeunes migrants, est très touchée par ce décès.

    « Je suis très attristée mais surtout très très en colère car ce qui a fondé cette situation, c’est ce contrôle au faciès où Mamadou n’a pas pu présenter ses papiers et il est ressorti avec une OQTF. »

    Catherine estime que cette mesure administrative a cassé l’humanité d’un jeune qui voulait s’en sortir et le projet d’un commerçant local. « C’est le non-accueil et ce racisme local qui fait que Mamadou est parti. »

    Un hommage sera rendu le 4 octobre 2025 à Dieppe (Seine-Maritime) pour toutes les personnes décédées en mer.

    Catherine et d’autres personnes de son collectif comptent s’y rendre pour un dernier adieu à Mamadou « et tous les autres qu’on n’arrive même pas à identifier », précise la militante.

     

    Par France3

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