La tension est montée d’un cran ce mercredi 10 décembre à Sonfonia, dans la commune de Ratoma, où la grève des enseignants a provoqué d’importants troubles sur l’axe T8. Depuis le début du mouvement lancé par la FSPE et la SNE, plusieurs quartiers de Conakry connaissent des perturbations, mais la situation s’est particulièrement dégradée dans cette zone en milieu de matinée.
Selon les constatations sur place, des groupes d’élèves ont érigé des barricades et lancé des pierres pour exprimer leur mécontentement face au blocage prolongé des cours. Les forces de l’ordre sont intervenues en tirant des gaz lacrymogènes pour disperser les attroupements, ce qui a entraîné des scènes de panique. Des citoyens ont fui pour se mettre à l’abri et de très jeunes enfants ont été vus en pleurs, visiblement terrorisés.
Les écoles du secteur sont restées fermées. Plusieurs élèves ont indiqué que leurs encadreurs leur ont demandé de ne pas se présenter en cours ce mercredi, par peur d’éventuels incidents liés aux tensions sur l’axe.
Sur le plan syndical, cette journée était marquée par la tenue d’une assemblée générale des enseignants à la Bourse du Travail, où la suite du mouvement devait être débattue. Cette rencontre survient au lendemain d’une réunion convoquée par le ministère du Travail, qui a exhorté la FSPE et la SNE à suspendre leur mot d’ordre de grève et à privilégier le dialogue pour résoudre la crise.
En attendant une issue, l’incertitude demeure dans les établissements scolaires de Conakry, où les parents d’élèves expriment leurs inquiétudes face à l’escalade des tensions et au risque d’un blocage prolongé de l’année scolaire.
Aïssatou Dalanda Ly.
