OPINION

Hommage à El Bechir Diallo : un frère, un ami, un pilier de la presse guinéenne (Par Aboubacar Sakho)

Ce mercredi 17 décembre 2025 restera gravé dans nos mémoires comme une date sombre pour le journalisme guinéen et pour tous ceux qui ont eu la chance de connaître El Bechir Diallo. C’est mon frère et confrère, Aliou Barry, qui m’a appelé pour m’annoncer cette tragique nouvelle. Le choc fut immédiat, et le poids de la perte presque insupportable. Immédiatement, j’ai contacté un compatriote vivant à Dakar, le journaliste Binany Bâ, qui m’a confirmé que notre frère El Bechir Diallo était décédé ce même jour à Keur Massar, au Sénégal.

À peine l’information connue, j’ai contacté l’ancien ministre Tibou Kamara, sous l’impulsion duquel le journal L’Observateur a vu le jour et qui nous a réunis. Lui aussi est resté sans voix, partagé entre l’incrédulité et la douleur. Cette perte frappe non seulement notre confrérie, mais aussi tous ceux qui croient à la liberté d’expression et à l’indépendance de la presse dans notre pays.

El Bechir Diallo n’était pas seulement un journaliste accompli ; il était le fils d’un commandant de gendarmerie de Kindia, connu pour son intégrité et sa rigueur, et surnommé « Dit la vérité ». Ces valeurs, il les a héritées et portées tout au long de sa vie professionnelle. Intègre, rigoureux et passionné par son métier, il a toujours su conjuguer honnêteté et excellence, qualités qui ont fait de lui un guide et un mentor pour toute une génération de journalistes.

Appartenant à la première génération de journalistes de la presse indépendante guinéenne, El Bechir a contribué à façonner des rédactions emblématiques telles que L’Indépendant et La Lance-Lynx, avant de rejoindre L’Observateur. Là, on le surnommait « Couteux », non par mépris, mais parce qu’il savait aiguiser nos articles et pousser nos analyses jusqu’à la précision. Bilingue, il maîtrisait parfaitement le français et l’anglais, et cette compétence lui a permis de tisser des liens avec le journalisme international et d’enrichir notre presse nationale.

Mais El Bechir Diallo n’était pas seulement un rédacteur exigeant ; il était également un éducateur. Il a enseigné à l’Université Libre de Bruxelles, partageant son savoir, sa rigueur et sa passion avec de jeunes étudiants, avant de regagner la Guinée pour s’engager pleinement dans le combat pour la liberté des ondes et l’indépendance des médias. Son retour n’a pas été motivé par la gloire, mais par la conviction profonde que la presse devait être libre, responsable et garante de la vérité pour le peuple guinéen.

Ce combat, il l’a mené aux côtés d’autres grands noms du journalisme guinéen tels que Biram Sacko, Jean-Baptiste Kourouma et Siaka Kouyaté. Mais El Bechir avait ce supplément d’âme, ce courage tranquille qui faisait de lui un frère et un ami fidèle. Il savait écouter, guider et corriger sans jamais décourager. Il incarnait l’esprit de confraternité et de solidarité qui est au cœur de notre métier.

Aujourd’hui, en rendant hommage à El Bechir Diallo, nous ne pleurons pas seulement la disparition d’un journaliste ; nous célébrons la vie d’un homme qui a consacré son existence à la défense de la vérité et à l’enracinement de la liberté de la presse dans notre pays. Son engagement a ouvert des portes et inspiré des générations entières. Son passage parmi nous laisse un héritage précieux que nous devons continuer à faire vivre.

Cher frère, cher ami, repose en paix. Ton combat pour la vérité, ton amour pour la Guinée et ton dévouement à la presse indépendante demeureront gravés dans nos mémoires et dans celles de tous ceux qui croient en une Afrique libre et éclairée. Nous nous souviendrons de toi comme d’un combattant infatigable, d’un guide éclairé et d’un ami fidèle. Ta vie n’aura pas été vaine, et ton exemple continuera de nous inspirer chaque jour.

El Bechir Diallo, ton souvenir restera vivant dans le cœur de tous ceux qui t’ont connu et aimé. Ta plume, ton courage et ton intégrité continueront d’éclairer le chemin des journalistes de Guinée et d’ailleurs. Merci pour tout, cher frère. Que la terre te soit légère et que la paix t’accompagne pour l’éternité. Amen !!!

Par Aboubacar SAKHO

Expert en communication

Guineesignal

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