OPINION

Relevons les futurs défis électoraux !

La poussière du troupeau électoral ne s’est pas encore posée sur l’enclos, mais le soleil de l’histoire, lui, n’attend pas les retardataires.

Si le 21 septembre et le 28 décembre ont marqué l’emplacement du nouveau campement, la demeure républicaine reste encore à bâtir. Le vieux bouvier nous a enseigné qu’on ne se repose pas tant que le bétail n’est pas à l’abri.

Alors, tournons la page des célébrations pour ouvrir celle, plus exigeante, de la programmation.

Le référendum et la présidentielle de 2025 n’étaient que le choix de l’emplacement du nouveau campement. Il reste encore à tresser les nattes de l’ordre constitutionnel pour que la démocratie puisse enfin y prendre place.

Pour les uns, ce fut une preuve de maturité. Pour les autres, une simple formalité sans âme. Mais au-delà des palabres sous l’arbre à palabres, nous sommes bien d’accord que la légitimité ne se mange pas en herbe grasse de pourcentages. Elle se forge dans la capacité du berger à conduire son troupeau vers l’enclos sécurisé de l’ordre constitutionnel, car, normalement, l’ivresse des victoires ne doit pas nous faire oublier que le pâturage de demain se prépare dès aujourd’hui.

Car pour le berger vigilant, sur le plateau comme dans la vallée, en savane ou dans la forêt, l’heure n’est plus à la fête, mais à la marche. Le premier trimestre 2026 ne peut être une halte de repos. Il doit être celui du tracé précis de notre route.

Et puisque le troupeau attend ses guides, les législatives, sénatoriales et municipales ne peuvent attendre.

Rappelons-nous que le troupeau est vaste et l’enclos encore ouvert aux quatre vents.

À ceux qui prédisent que nous n’aurons pas la force de franchir la prochaine colline, répondons que nos éclaireurs sont prêts. La Directrice générale des élections, Mme Djénabou Touré Camara, a montré que nos fils et nos filles ont l’expertise pour mener ce voyage à bien. Et la technique ne doit plus être le buisson derrière lequel se cache la politique.

Qu’il faille faire boire le troupeau au compte-gouttes ou mener tous les veaux ensemble vers l’abreuvoir, l’architecture de notre République doit sortir de terre.

De la Haute Cour de Justice à l’installation du Sénat, chaque décret sera comme un piquet planté pour consolider notre campement. Car en vérité, le seul pâturage qui ne trompe pas est celui de la parole tenue.

Pour y parvenir, l’action du pouvoir doit avoir la clarté de l’eau de source qui désaltère sans trahir. Voilà qui est clair !

Messieurs les décideurs, le soleil Doumbouya est déjà haut dans le ciel. Le troupeau s’impatiente. Ne laissez pas la nuit nous surprendre en chemin.

Pour ma part, ma parole a rejoint la terre. Puisse-t-elle y faire germer la vérité !

Par Alpha Abdoulaye Diallo in Le Populaire du 5 janvier 2026

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