La pratique de la mendicité prend de plus en plus d’ampleur dans la ville de Kankan, où elle constitue, pour certaines personnes, un moyen de survie face aux difficultés économiques. Présente dans les rues, aux carrefours et devant les lieux publics, cette réalité sociale suscite toutefois de vives préoccupations.
Face à cette situation, des responsables d’organisations de personnes handicapées tirent la sonnette d’alarme. Ils dénoncent une pratique qu’ils jugent dégradante et contraire aux valeurs de dignité humaine.
Rencontrée dans son bureau ce mercredi 14 janvier 2026, la directrice du centre spécialisé Tawakaltou a clairement exprimé sa position. Selon elle, la mendicité ne saurait être considérée comme une valeur respectable ni comme une solution durable aux problèmes sociaux. Elle plaide plutôt pour des alternatives basées sur l’autonomisation, l’insertion sociale et la responsabilisation des personnes concernées.
Poursuivant son intervention, la responsable a insisté sur la nécessité d’encadrer strictement la pratique de la mendicité, soulignant qu’elle doit avoir des limites afin de préserver la dignité des personnes handicapées et des mendiants. Elle a également rappelé que la mendicité expose ces derniers à de nombreuses souffrances, tant physiques que morales.
Profitant de l’occasion, la directrice du centre Tawakaltou a interpellé les autorités publiques sur l’urgence de renforcer leur implication, notamment en garantissant l’accès à l’éducation et la scolarisation des enfants issus de familles de mendiants, souvent livrés à eux-mêmes.
Par ailleurs, elle a déploré le fait que, de nos jours, certaines personnes aptes au travail abandonnent les activités professionnelles pour se tourner vers la mendicité, dans le seul but de subvenir à leurs besoins fondamentaux. Une situation qui, selon elle, nécessite une réponse globale impliquant l’État, les collectivités locales et les acteurs sociaux.
Abdoulaye Kallo
