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    OPINION

    Un nouveau pouvoir doit s’appuyer sur sa propre base politique et ne jamais servir de tremplin à l’opposition d’hier (Par Alamina Baldé)

    Guineesignal22 janvier 2026
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    Un nouveau pouvoir doit s’appuyer sur sa propre base politique et ne jamais servir de tremplin à l’opposition d’hier

    Un nouveau pouvoir qui s’installe au sommet de l’État hérite d’une responsabilité historique. Il ne s’agit pas seulement de gouverner, mais de refonder une trajectoire politique, de redonner un sens à l’autorité et de bâtir une continuité crédible. Les premiers choix qu’il opère déterminent souvent sa durée de vie.

    Dans ces moments fondateurs, une erreur revient avec une régularité presque mécanique. Le nouveau pouvoir croit devoir sa stabilité à l’ouverture excessive, au mélange indistinct des camps, à la promotion d’anciens adversaires à des fonctions électives stratégiques. Cette confusion n’est pas une preuve de maturité politique. Elle est souvent le signe d’une lecture naïve des rapports de force.

    L’histoire politique enseigne que tout pouvoir durable s’appuie d’abord sur sa propre base. Une base idéologique, militante, institutionnelle et populaire. C’est cette base qui porte le projet, défend le récit et protège le régime dans les moments de tension.

    Lorsqu’un pouvoir néglige cette base pour offrir des positions électives à des opposants, il fragilise son socle. Il envoie un message destructeur à ceux qui l’ont soutenu. Le sacrifice et la loyauté ne sont plus récompensés. L’opportunisme, lui, devient rentable.

    Un ancien parti d’opposition ne s’approche jamais d’un nouveau pouvoir par hasard. Il le fait par calcul. Ayant perdu l’accès direct au centre du jeu politique, il cherche à s’y reconnecter pour restaurer sa visibilité, sa crédibilité et sa capacité de mobilisation.

    Ce rapprochement n’a jamais pour objectif principal de consolider le régime en place. Il vise à consolider le parti opposant lui même. Le pouvoir devient alors une vitrine, un décor institutionnel utilisé pour relancer une carrière politique ou un appareil partisan affaibli.

    Déjà, Nicolas Machiavel expliquait que les alliances politiques sont rarement fondées sur la loyauté. Elles reposent sur l’intérêt. Celui qui a combattu un pouvoir hier et s’en rapproche aujourd’hui ne le fait jamais sans arrière pensée.

    L’ancien opposant comprend une chose essentielle. La proximité avec le président restaure instantanément une notoriété politique que les urnes n’ont pas toujours accordée. Elle efface les échecs passés et permet de se présenter comme un acteur central du jeu politique.

    Lorsque cet opposant a été ministre ou haut cadre sous des régimes antérieurs, la logique est encore plus claire. Il ne se perçoit pas comme un subordonné du nouveau pouvoir. Il se considère comme un pair, parfois même comme un recours futur.

    Sa présence aux côtés du président n’est jamais neutre. Elle est utilisée pour envoyer un message à son électorat, à ses militants et à ses réseaux. Il est toujours dans le cercle du pouvoir. Il reste fréquentable. Il reste influent.

    À l’approche des élections législatives et communautaires, cette stratégie prend tout son sens. Le parti d’opposition devenu allié de circonstance se présente comme un intermédiaire privilégié entre le peuple et l’État. Il promet l’accès, l’écoute et l’influence.

    Dans des sociétés où la proximité avec le pouvoir est perçue comme une condition du développement local, cette posture devient un puissant argument électoral. Le vote n’est plus idéologique. Il devient utilitaire.

    Le nouveau pouvoir offre alors une chose précieuse sans toujours le mesurer. Il offre une légitimité institutionnelle. En retour, il ne reçoit qu’une loyauté conditionnelle, toujours réversible.

    Dans la pensée antique, Aristote rappelait que la stabilité d’un régime repose sur l’homogénéité de ses finalités politiques. Lorsque ceux qui gouvernent ne partagent pas la même vision, la cité se divise intérieurement.

    L’opposant intégré conserve toujours une distance stratégique. Il soutient certaines décisions, critique d’autres, et se ménage une sortie honorable en cas d’échec du régime. Il ne s’engage jamais totalement.

    Dans la tradition stratégique asiatique, Sun Tzu avertissait qu’il est dangereux de renforcer celui qui peut redevenir un adversaire. La paix apparente ne doit jamais masquer le rapport de force réel.

    Un ancien parti d’opposition n’a aucun intérêt à voir le nouveau pouvoir devenir trop fort. Un pouvoir solide réduit ses chances de retour. Il préfère un régime hésitant, dépendant d’alliances multiples et fragilisé de l’intérieur.

    Dans l’histoire romaine comme dans celle des royaumes médiévaux, de nombreux pouvoirs se sont effondrés non sous les coups de l’ennemi extérieur, mais par l’instrumentalisation des institutions par des acteurs internes hostiles.

    Le penseur maghrébin Ibn Khaldoun l’expliquait clairement. Tout pouvoir repose sur une solidarité fondatrice. Lorsqu’elle se dilue, le déclin devient inévitable.

    Les postes électifs ne sont pas de simples fonctions administratives. Ils incarnent le pouvoir aux yeux du peuple. Ils donnent un visage, une voix et une orientation politique au régime.

    Les confier à des opposants historiques, c’est brouiller le message du changement. C’est faire douter la population de la sincérité de la rupture annoncée.

    Dans les jeunes régimes, cette confusion est particulièrement dangereuse. Le peuple cherche des repères clairs. Il veut savoir qui gouverne et pourquoi.

    Certains justifient ces choix par la recherche de la paix nationale. Mais la paix politique ne se construit pas par la confusion des rôles. Elle se construit par des institutions cohérentes et des responsabilités clairement assumées.

    Un pouvoir mature ne craint pas l’opposition. Il la respecte dans son rôle de contrôle et de critique. Mais il ne lui délègue pas sa représentation élective.

    Les régimes qui ont duré sont ceux qui ont su distinguer le dialogue national du partage du pouvoir réel. Dialoguer avec tous. Gouverner avec les siens.

    Former, promouvoir et responsabiliser sa propre élite politique est une obligation stratégique. Importer des figures façonnées par d’autres visions affaiblit l’identité du régime.

    Lorsqu’un pouvoir sert de tremplin à l’opposition d’hier, il finance sa propre concurrence future. Il transforme l’État en outil de reconquête politique pour ses adversaires.

    La loyauté politique ne se décrète pas. Elle se construit dans le temps, par l’engagement, la cohérence et le partage du projet.

    Les nouveaux présidents doivent apprendre à lire les intentions derrière les alliances, à interpréter les silences et à comprendre que la proximité politique est rarement gratuite.

    Refuser cette lucidité, c’est condamner le régime à n’être qu’une transition utile à d’autres.

    Dire cette vérité n’est pas appeler à l’exclusion. C’est appeler à la maturité politique et à la responsabilité historique.

    Un pouvoir qui se respecte protège sa base, respecte l’opposition et trace des lignes claires.

    C’est à ce prix que le changement cesse d’être un slogan et devient une trajectoire durable.

    Alamina BALDE

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