Un citoyen guinéen, Mohamed Daf Dembélé, a récemment partagé sur sa page Facebook un témoignage édifiant sur un incident survenu au niveau du feu tricolore du marché Niger, en plein cœur de Conakry. Son récit met en lumière des pratiques dénoncées par de nombreux usagers de la route, mais aussi l’importance de connaître et de faire valoir ses droits.
Selon son témoignage, il se rendait en ville à moto avec son jeune frère lorsqu’un individu en civil surgit brusquement et retire la clé de sa moto au carrefour. Pensant d’abord à un simple piéton, il demande à son frère de ralentir. Ce n’est qu’après l’arrêt forcé qu’il comprend que l’homme se présente comme un agent de police, l’accusant de circuler en sens interdit.
Face à cette accusation, le citoyen affirme avoir constaté que la circulation était fluide et que d’autres motards circulaient normalement. Il demande alors à voir la carte professionnelle de l’agent, tout en se préparant à présenter ses propres documents. La demande semble irriter l’agent, qui confisque la clé et la remet à un supérieur présent sur les lieux. Sans explication supplémentaire, la moto est conduite à la fourrière.
Arrivé à la fourrière, le citoyen explique avoir été sommé de payer 500 000 francs guinéens pour récupérer son engin, malgré le fait qu’il disposait de tous les documents requis : carte grise, vignette, assurance, port du casque et respect des règles vestimentaires. Interloqué par le montant et le ton employé, il décide de contacter le 110, le numéro de l’Inspection Générale de la Police.
À l’autre bout du fil, un officier se montre attentif et courtois. Après avoir écouté les explications, il demande à parler directement à l’agent impliqué. Quelques minutes plus tard, l’inspecteur rappelle le citoyen pour l’informer que sa moto lui sera restituée et présente des excuses pour l’incident. Peu après, la moto est effectivement rendue, non sans un changement notable de ton de la part de l’officier sur place, surpris par l’appel à la hiérarchie.
Dans son message, Mohamed Daf Dembélé lance un appel clair aux citoyens : ne pas se laisser intimider lorsqu’ils sont en règle et utiliser les mécanismes existants pour signaler les abus. Il souligne l’efficacité du numéro 110 et invite chacun à connaître ses droits.
Ce témoignage, largement relayé sur les réseaux sociaux, interpelle directement le Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, et relance le débat sur le comportement de certains agents de la sécurité routière dans la capitale guinéenne. Il rappelle surtout qu’un contrôle citoyen et le respect de la loi restent essentiels pour renforcer la confiance entre forces de l’ordre et population.
La rédaction
