L’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar a été le théâtre, lundi 9 février, de violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, qui ont coûté la vie à Abdoulaye Ba, étudiant en Licence 2 à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie. Le drame a provoqué une vive émotion à l’échelle nationale.
Selon des témoignages recueillis par Siradio Saby Diallo, journaliste basé à Dakar, les manifestations ont repris sur le campus à la suite du non-paiement des bourses de rappel, une situation persistante qui plonge de nombreux étudiants dans une grande précarité. « La journée a été particulièrement tendue. Les forces de l’ordre sont intervenues jusque dans les pavillons universitaires avec des gaz lacrymogènes, semant la panique », rapporte-t-il.
D’après Cheick Atab Sagna, président de l’Amicale des facultés de médecine, Abdoulaye Ba aurait été retrouvé dans sa chambre par des policiers avant d’être violemment frappé — une version contestée par d’autres sources. Celles-ci avancent que l’étudiant, orphelin de père et asthmatique, aurait fait un malaise après l’inhalation de gaz lacrymogènes utilisés à l’intérieur des pavillons. « Des témoins affirment qu’il s’est effondré après un usage intensif de gaz. Il a ensuite été évacué à l’Hôpital Principal de Dakar, où il est décédé vers 18 heures », précise le journaliste.
La situation a rapidement dégénéré : une chambre située au troisième étage a été incendiée, plusieurs étudiants ont été blessés ou interpellés, tandis que d’autres ont quitté précipitamment le campus avec leurs effets personnels. « Certains tentaient de s’échapper par les fenêtres pour sauver leur vie. C’était une panique totale », témoigne encore Siradio Saby Diallo.
La mort d’Abdoulaye Ba a suscité une vague d’indignation au Sénégal, notamment sur les réseaux sociaux, où de nombreux appels à la vérité et à la justice se multiplient. De son côté, le gouvernement évoque des réformes en cours dans la gestion des bourses. Sur le terrain, toutefois, les lenteurs administratives laissent de nombreux étudiants sans ressources, alimentant une colère de plus en plus difficile à contenir.
Par Aïssatou Dalanda Ly
