À six semaines des élections législatives et communales prévues le 24 mai 2026, le Rassemblement pour une Guinée Prospère (RGP) annonce officiellement son entrée dans la compétition. Son président, Elhadj Bouna Keïta, a fait cette déclaration mardi 10 mars 2026 lors d’une conférence de presse tenue au siège du parti à Kissosso, dans la commune de Matoto.
Figure politique expérimentée et opérateur économique reconnu, le leader du RGP a profité de cette rencontre avec les médias pour détailler les préparatifs engagés par sa formation en vue de ces échéances électorales jugées cruciales pour la vie démocratique du pays.
Selon lui, le parti s’emploie actuellement à satisfaire l’ensemble des exigences fixées par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), notamment à travers un vaste processus de restructuration et d’organisation interne. Des congrès locaux sont ainsi en cours dans les différentes préfectures afin de désigner les futurs candidats du RGP.
Dans son intervention, Elhadj Bouna Keïta n’a pas caché sa détermination à voir sa formation participer pleinement à la compétition électorale.
« Nous nous préparons, de la base au sommet, comme l’a demandé le MATD. Je vous l’annonce : le RGP est prêt à aller aux élections communales et législatives, ainsi qu’à tout autre scrutin dans mon pays. J’ai instruit la tenue de congrès dans toutes les préfectures. Certes, couvrir chaque localité demande des moyens financiers importants, mais lorsqu’un État fixe des règles, il faut s’y conformer autant que possible. »
Le président du RGP a également indiqué que les dossiers nécessaires à l’investiture des candidats sont déjà disponibles, tout en regrettant que certains acteurs politiques aient tardé à s’approprier les documents transmis par l’administration.
« Tout le monde était focalisé sur l’élection présidentielle, oubliant de lire les directives pour les autres scrutins. »
Au-delà de la préparation électorale, Elhadj Bouna Keïta a tenu à évoquer la question de la relève au sein de sa formation politique. Avec un ton empreint de réalisme, il a affirmé sa volonté de voir le parti se projeter dans l’avenir et s’ouvrir davantage aux jeunes générations.
« Je ne suis pas là pour être éternel à la tête du RGP. Je souhaite que ce parti me survive. Il faut savoir céder sa place. Si l’âge ne vous rattrape pas, d’autres circonstances finiront par le faire », a-t-il affirmé avec pragmatisme.
Le leader politique a également lancé un appel à l’unité nationale, invitant les Guinéens à dépasser les clivages identitaires pour consolider la cohésion sociale et construire un pays plus prospère.
« Chez nous, toutes les ethnies sont représentées sur un pied d’égalité. Le problème est que certains ne veulent pas voir les autres réussir. Je demande à mes frères et sœurs guinéens de s’accepter mutuellement. L’acceptation de l’autre est la clé », a-t-il lancé.
Dissolution de partis : appel au respect de la loi
Au cours de la conférence, Elhadj Bouna Keïta est également revenu sur l’actualité politique marquée par la dissolution récente de quarante partis politiques par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation pour non-respect des obligations légales.
Dans un arrêté publié la semaine dernière, les autorités ont notamment annoncé la perte de la personnalité morale de ces formations, l’interdiction de toute activité politique, ainsi que la mise sous scellés de leurs sièges et le placement de leurs biens sous séquestre.
Pour le président du RGP, cette décision s’inscrit dans une volonté de mettre de l’ordre dans l’espace politique national.
« Je salue la décision du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation relative à la dissolution des partis politiques qui ne se sont pas conformés aux exigences de la loi portant création, organisation, fonctionnement et contrôle des partis politiques en République de Guinée, adoptée le 21 novembre 2025 par le Conseil national de la Transition. Cette démarche s’inscrit, selon moi, dans une volonté d’assainir et de mieux organiser la vie politique nationale afin de la rendre plus crédible et plus conforme aux textes en vigueur », a déclaré Elhadj Bouna Keita.
Il a par ailleurs tenu à préciser que le RGP ne figure pas parmi les formations sanctionnées, assurant que son parti a satisfait aux critères fixés par la commission d’évaluation mise en place par les autorités.
« Le Rassemblement pour une Guinée Prospère ne figure pas sur la liste des partis dissous. Notre formation politique a satisfait à l’ensemble des critères d’évaluation exigés par les autorités. Depuis sa création, nous travaillons à structurer le parti, à renforcer son implantation sur l’ensemble du territoire national et à respecter les dispositions légales encadrant l’activité des partis politiques », a-t-il expliqué.
Tout en soutenant l’objectif d’assainissement du paysage politique, Elhadj Bouna Keïta a néanmoins appelé les partis concernés à privilégier les voies de droit pour toute contestation éventuelle.
« Dans un État de droit, toute décision administrative peut faire l’objet de recours. Si certains partis estiment avoir été injustement dissous, ils ont la possibilité de saisir les juridictions ou les instances compétentes pour faire valoir leurs droits. Les commissions d’évaluation sont composées d’êtres humains et l’erreur reste toujours possible. Les voies légales existent justement pour permettre d’examiner les situations et, le cas échéant, de rétablir les partis qui auraient été sanctionnés à tort », a-t-il souligné.
Amadou Mouctar Diallo
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