GRAND ANGLE

Quand la Confédération Africaine de Football (CAF) s’embourbe dans ses prises de décisions

Il est des situations où le silence devient complice, et l’ambiguïté, un aveu d’impuissance. La récente gestion du sacre du Sénégal dans cette édition de la Coupe d’Afrique des Nations en est une illustration préoccupante. Car, au-delà des déclarations officielles et des lenteurs administratives, une évidence s’impose désormais dans l’opinion : le Sénégal est champion d’Afrique. Et cela n’est plus un secret de polichinelle.

Comment en est-on arrivé à une telle confusion autour d’un événement censé incarner l’excellence sportive, la rigueur organisationnelle et la crédibilité institutionnelle du football africain ? La question mérite d’être posée avec gravité.

La Confédération Africaine de Football, garante des règles et de l’équité, semble aujourd’hui prisonnière de ses propres mécanismes décisionnels. Entre interprétations divergentes des règlements, communication hésitante et absence de position ferme, l’instance donne l’image d’une institution fragilisée, incapable de trancher avec autorité dans un moment pourtant crucial.

Pendant ce temps, l’Équipe du Sénégal, forte de ses performances sur le terrain, incarne à lui seul la légitimité sportive. Car le football, avant d’être une affaire de textes, reste une affaire de mérite. Et sur ce plan, peu contestent aujourd’hui la suprématie sénégalaise.

Mais au-delà du cas du Sénégal, c’est bien la crédibilité du football africain qui est en jeu. Une compétition aussi prestigieuse que la Coupe d’Afrique des Nations ne saurait souffrir d’imprécisions ou de décisions tardives. Chaque flottement fragilise un peu plus la confiance des acteurs : joueurs, fédérations, supporters et partenaires.

Il est donc impératif que la Confédération Africaine de Football tire les leçons de cet épisode. La transparence, la célérité et la rigueur doivent redevenir les piliers de sa gouvernance. À défaut, les victoires continueront de se décider autant dans les bureaux que sur les pelouses, au détriment de l’éthique sportive.

L’histoire retiendra peut-être ce moment comme celui où une institution a vacillé face à ses responsabilités.

Mais elle retiendra surtout que, malgré les incertitudes administratives, un peuple et une équipe ont su s’imposer avec éclat.

Et dans cette histoire, une certitude demeure : le Sénégal est champion d’Afrique.

Mohamed Sita Cisse « Sitanium »

Guineesignal

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