L’assemblée générale extraordinaire de l’intersyndicale FSP-SNE, tenue ce samedi 11 avril à la Bourse du Travail à Conakry, a débouché sur des décisions majeures susceptibles de raviver la crise dans le secteur éducatif guinéen.
À l’issue des travaux, Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), a annoncé officiellement la rupture de toute collaboration syndicale avec le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG). Une décision motivée, selon lui, par des divergences profondes sur la conduite des actions syndicales.
« La FSPE et le SNE ne travailleront plus syndicalement avec le SLECG tant que celui-ci ne changera pas son fusil d’épaule par rapport à la manière dont il se comporte actuellement », a déclaré le responsable syndical devant les militants réunis.
Un ultimatum au gouvernement
Parallèlement à cette rupture, l’intersyndicale FSP-SNE a adressé un ultimatum clair au gouvernement guinéen pour le respect du protocole d’accord signé en janvier dernier entre les autorités et les syndicats de l’éducation.
Les responsables syndicaux affirment accorder un délai moratoire courant jusqu’au vendredi prochain afin de permettre au Premier ministre, chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, de se saisir personnellement du dossier.
Selon le syndicat, une simple mesure pourrait suffire à désamorcer la crise : la publication d’un communiqué annonçant la levée des suspensions contestées.
« Un simple communiqué de levée des suspensions suffira pour que la grève reprenne le lundi 20 avril prochain », ont précisé les responsables syndicaux.
Vers une nouvelle crise scolaire ?
Cette prise de position traduit une montée progressive des tensions entre les organisations syndicales et les autorités publiques. Le spectre d’un nouveau mouvement de grève plane désormais sur le système éducatif guinéen, déjà fragilisé par plusieurs perturbations ces dernières années.
Si aucun compromis n’est trouvé dans le délai fixé, les activités pédagogiques pourraient à nouveau être paralysées dans les établissements scolaires à travers le pays.
Par Aïssatou Dalanda Ly
