GRAND ANGLE

Hommage à mon père, Amirou Barry (Par Bob Barry)

Le dimanche 31 mai 2026 restera à jamais gravé dans ma mémoire comme le jour où j’ai perdu mon père, Amirou Barry. Il s’est éteint à Conakry, emporté par la maladie, laissant derrière lui un vide immense – celui d’un père, d’un guide, mais aussi d’un homme profondément engagé au service de son pays et de son métier.

Pendant des décennies, il a consacré sa vie à informer avec honnêteté, à dire les faits avec justesse. À travers ses passages à Horoya, à l’Agence guinéenne de presse, et plus tard comme correspondant de l’Agence France-Presse, il a porté haut les exigences du journalisme, parfois dans des contextes difficiles, toujours avec dignité.

Mais au-delà de la plume et du micro, il était un bâtisseur. Un formateur, un mentor. Combien de jeunes journalistes lui doivent aujourd’hui leurs premiers pas ? Combien ont été guidés par ses conseils, façonnés par son exigence, inspirés par sa passion ? Mon père croyait profondément en la transmission. Il voyait dans chaque jeune une promesse, une relève à accompagner, jamais à juger.

Avant d’être journaliste, il avait été enseignant. Et toute sa vie, il est resté fidèle à cette vocation : celle d’éclairer, d’expliquer, de transmettre. Chez lui, l’apprentissage ne s’arrêtait jamais. Il lisait, réfléchissait, questionnait. Et surtout, il partageait.

À la maison, il était un homme simple, attentif, profondément humain. Un père discret mais présent, exigeant mais juste. Il m’a appris, sans jamais l’imposer, que le journalisme est plus qu’un métier : c’est une responsabilité. Aujourd’hui, en tant que journaliste à mon tour, je mesure encore davantage l’héritage qu’il me laisse – un héritage fait de valeurs, de principes, et d’une certaine idée de l’intégrité.

Depuis son départ, les hommages affluent. Collègues, amis, anciens élèves évoquent un homme droit, un professionnel respecté, une référence. Pour moi, il était tout cela, mais aussi bien plus : il était mon repère.

Son inhumation a eu lieu le jour même, dans la sobriété et la dignité, comme il l’aurait souhaité. Mais son empreinte, elle, ne disparaîtra pas. Elle demeure dans les esprits, dans les rédactions, dans les parcours de ceux qu’il a formés — et en moi, chaque jour.

Papa,

tu m’as transmis bien plus qu’un métier.

Tu m’as donné une voie.

Repose en paix.

Bob Barry, journaliste à la radiodiffusion télévision internationale ( Deutsche Welle) basé en Allemagne.

Guineesignal

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