Un simple bidon d’eau au cœur d’un incident lors du concours des auditeurs de justice
Ce qui devait être une journée consacrée au lancement de l’épreuve de culture générale du concours de recrutement des auditeurs de justice, a pris une tournure inattendue et la plus étonnamment du monde.
En ma qualité de membre du Cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, j’étais présent très tôt à l’école primaire de Kipé ou se déroulait le concours, pour veiller au bon déroulement des préparatifs.
Vers 11 heures, après l’arrivée du Garde des Sceaux et les différentes séquences protocolaires effectuées, le sujet a été tiré au sort parmi quatre enveloppes présentées par le président du jury. Le Ministre a ensuite choisi une salle pour procéder à la lecture officielle du sujet. Par coïncidence, il s’agissait de la salle n°16, où se trouvait notamment la candidate Maciré.
À la sortie de la salle, alors que la délégation ministérielle poursuivait ses activités, la candidate m’a interpellé pour me demander de l’eau afin de prendre son médicament. Naturellement, j’ai répondu favorablement à sa demande, tout en restant auprès du Garde des Sceaux pour ses interviews et autres activités.
Un peu plus tard, je suis allé acheter deux bidons d’eau. Après en avoir remis un au Directeur général du Centre de formation judiciaire, j’ai conservé le second pour le remettre à la candidate.
C’est à ce moment qu’un échange avec M. Lansana Doukouré a attiré mon attention. Celui-ci m’a approché et indiqué qu’il avait été décidé de surveiller mes faits et gestes. Je lui ai répondu que je n’avais rien à me reprocher et que je demeurais serein quant à mon intégrité.
Selon mes souvenirs, il m’aurait alors répondu : «Ta déclaration est une déclaration d’orgueil et d’arrogance. Tu en paieras le prix».
Quelques instants plus tard, je me suis rendu dans la salle n°16 pour remettre le bidon d’eau à la candidate. J’étais accompagné, à distance, de M. Doukouré et d’un autre surveillant. Avant de déposer le bidon, j’ai informé le surveillant de ma démarche et obtenu son accord.
Le bidon a ainsi été déposé à proximité de la candidate, qui poursuivait son épreuve. À aucun moment, selon ce que j’ai personnellement constaté, je n’ai manipulé sa copie ou influencé en quelque manière que ce soit, son travail.
C’est pourtant ce geste, en apparence banal et insignifiant, qui allait par la suite être associé à une situation beaucoup plus grave et susceptible de mettre en cause mon intégrité professionnelle.
La question demeure donc entière : comment un simple bidon d’eau, remis à une candidate à sa propre demande et déposé avec l’accord d’un surveillant, a-t-il pu devenir un élément d’une affaire susceptible de porter atteinte à ma réputation et à mon honneur ?
La suite des faits, notamment ce qui s’est passé autour du sachet plastique transparent contenant prétendument des éléments liés au traitement du sujet, permettra de mieux comprendre les circonstances de cet incident.
À suivre…
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