Objet : Appel du cœur d’une citoyenne féministe face au drame persistant des mutilations génitales féminines
Madame la Première Dame,
C’est en m’adressant à la fois à votre sensibilité de mère et à votre position privilégiée aux côtés du Premier magistrat de notre Nation que je vous écris ces mots. Aujourd’hui, c’est le cri de douleur et d’espoir de milliers de filles et de femmes guinéennes que je porte devant vous.
La statistique glace le sang : en l’espace de huit mois seulement, 277 petites filles ont subi l’excision dans notre pays. 277 enfances brisées, 277 corps violés, alors même que notre Code pénal et nos lois interdisent formellement cette pratique barbare.
Ce qui ravive notre peine et notre indignation, ce n’est pas seulement la clandestinité dans laquelle ce crime s’accomplit, mais le mépris affiché face à nos institutions. Des voix s’élèvent publiquement dans nos communautés pour affirmer, sans la moindre crainte de la justice, qu’elles continueront à exciser nos filles. Cette impunité perçue est un affront direct à la dignité de la femme et à l’autorité de l’État.
En tant que mère, vous connaissez le désir absolu de protéger ses enfants, de leur garantir un avenir sans peur et sans douleur inutile. Les fillettes qui subissent ces mutilations sont nos filles, nos sœurs, l’avenir de la Guinée.
Votre époux, le Président de la République, le Général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, a placé les femmes au centre de ses engagements civiques et de sa vision pour la Nation. Comment bâtir une Guinée prospère et équitable si la moitié de sa population continue de grandir dans la peur d’une violence physique irréparable ?
L’interdiction légale existe, mais elle reste une promesse vaine sans une volonté politique inflexible pour la faire respecter sur le terrain. Il est temps que l’impunité cesse. Il est temps que la loi s’applique fermement contre les auteurs et les complices de ces actes.
En tant que Première Dame, vous disposez d’une voix unique pour briser le silence, interpeller la conscience collective et inciter le gouvernement à passer des paroles aux actes coercitifs. Nous vous demandons d’être le bouclier de ces petites filles qui n’ont personne pour les défendre.
L’histoire retiendra le combat que nous menons aujourd’hui pour l’intégrité du corps des femmes guinéennes. Permettez que votre nom reste associé à la fin définitive de cette injustice.
Avec le respect dû à votre rang et l’urgence que demande la protection de nos enfants,
Une citoyenne engagée pour les droits des femmes en Guinée
Hassatou Lamarana Bah journaliste, écrivaine, féministe, entrepreneure
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