GRAND ANGLE

Lettre ouverte à la Première Dame de la République, Madame Laurianne Doumbouya

Objet : Appel du cœur d’une citoyenne féministe face au drame persistant des mutilations génitales féminines
Madame la Première Dame,


C’est en m’adressant à la fois à votre sensibilité de mère et à votre position privilégiée aux côtés du Premier magistrat de notre Nation que je vous écris ces mots. Aujourd’hui, c’est le cri de douleur et d’espoir de milliers de filles et de femmes guinéennes que je porte devant vous.


La statistique glace le sang : en l’espace de huit mois seulement, 277 petites filles ont subi l’excision dans notre pays. 277 enfances brisées, 277 corps violés, alors même que notre Code pénal et nos lois interdisent formellement cette pratique barbare.


Ce qui ravive notre peine et notre indignation, ce n’est pas seulement la clandestinité dans laquelle ce crime s’accomplit, mais le mépris affiché face à nos institutions. Des voix s’élèvent publiquement dans nos communautés pour affirmer, sans la moindre crainte de la justice, qu’elles continueront à exciser nos filles. Cette impunité perçue est un affront direct à la dignité de la femme et à l’autorité de l’État.


En tant que mère, vous connaissez le désir absolu de protéger ses enfants, de leur garantir un avenir sans peur et sans douleur inutile. Les fillettes qui subissent ces mutilations sont nos filles, nos sœurs, l’avenir de la Guinée.
Votre époux, le Président de la République, le Général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, a placé les femmes au centre de ses engagements civiques et de sa vision pour la Nation. Comment bâtir une Guinée prospère et équitable si la moitié de sa population continue de grandir dans la peur d’une violence physique irréparable ?
L’interdiction légale existe, mais elle reste une promesse vaine sans une volonté politique inflexible pour la faire respecter sur le terrain. Il est temps que l’impunité cesse. Il est temps que la loi s’applique fermement contre les auteurs et les complices de ces actes.


En tant que Première Dame, vous disposez d’une voix unique pour briser le silence, interpeller la conscience collective et inciter le gouvernement à passer des paroles aux actes coercitifs. Nous vous demandons d’être le bouclier de ces petites filles qui n’ont personne pour les défendre.


L’histoire retiendra le combat que nous menons aujourd’hui pour l’intégrité du corps des femmes guinéennes. Permettez que votre nom reste associé à la fin définitive de cette injustice.


Avec le respect dû à votre rang et l’urgence que demande la protection de nos enfants,
Une citoyenne engagée pour les droits des femmes en Guinée


Hassatou Lamarana Bah journaliste, écrivaine, féministe, entrepreneure

Guineesignal

Recent Posts

Parc urbain de Conakry : Kaba Sidibé revient sur le chantier et les réclamations de VIDERI ENTERPRISE

Inauguré le 30 septembre à Camayenne, le Parc urbain de Conakry constitue un nouvel espace…

15 heures ago

Le français au-delà de la puissance (Par Daniel Couriol)

Que peut bien nous enseigner un chef-d’œuvre de la littérature russe du XIXe siècle sur…

1 jour ago

Bannir les démons du passé

Cette semaine, l’heure n’est plus aux politesses de circonstance. Nous devons scruter l’actualité nationale les…

1 jour ago

Guinée : Présidence et Gouvernement font le point sur les grandes priorités nationales

Conakry, 19 octobre 2026 – Le Général Amara Camara, porte-parole de la Présidence de la…

2 jours ago

Dr Ibrahima Sory Sow n’est plus : Hommage au symbole de la constance (Par Abdoulaye Condé)

Dr Ibrahima Sory Sow, ancien ministre de la Santé, ancien ambassadeur de Guinée en Allemagne…

3 jours ago

Le Corps africain : un partenariat au service de la sécurité et du développement du continent

L’Afrique est un continent aux immenses possibilités, mais dans certaines régions, ces opportunités sont freinées…

4 jours ago