De la quête de vitesse aux dérives de l’intelligence artificielle, l’humanité a-t-elle perdu le contrôle de sa propre trajectoire ?
Revisitant un siècle de foi aveugle dans le progrès technique, depuis les premières révolutions automobiles jusqu’à l’avènement des algorithmes, Daniel Couriol signe un plaidoyer vibrant contre la résignation collective. Un appel pressant à reprendre en main les clés de notre avenir. Avant qu’il ne soit trop tard.
Lisez !
Il fut un temps où le monde prenait de la vitesse. Les publicités des marques automobiles comme Panhard et De Soto montraient combien il était bon, voire chic, d’être pressé.
Après la Première Guerre mondiale, voitures, trains, bateaux et avions étaient censés rapprocher les êtres, les territoires, les pays et les cultures.
L’émerveillement suscité par cette évolution technique était relayé dans les arts.
Picabia, Fernand Léger, Max Ernst et Blaise Cendrars furent parmi ceux qui illustrèrent le mieux cet état d’esprit.
Une Seconde Guerre mondiale après, deux explosions nucléaires et quelques dizaines de millions de morts mirent comme un point final non seulement aux horreurs d’un conflit aux confins de l’apocalypse, mais aussi à la croyance aveugle dans un progrès lié aux révolutions technologiques.
Le monde a continué à prendre de la vitesse et les humains se sont mis à courir de plus en plus vite, en sachant de moins en moins où ils allaient.
Le regard et le cerveau usés par les écrans, l’humanité a fini par produire une Intelligence Artificielle dont les plus grands spécialistes disent qu’au train fou où vont les choses, ce pourrait être la fin de notre civilisation d’ici à une dizaine d’années.
Adieu Martiens et météorites fatales, le danger ne vient plus de l’extérieur, mais du comportement d’apprentis-sorciers et de leurs modélisations qui pourraient devenir hors de contrôle.
Devons-nous rester des citoyens désarçonnés, comme ces joueurs du Loto ou du Casino à qui l’on dirait : « Rien ne va plus, les jeux sont faits » ?
Laisserions-nous les clés de notre maison à des inconnus ?
Alors, pourquoi confier notre avenir à ceux qui souhaitent ardemment que nous restions simples spectateurs ?
Il est plus que temps de retrouver le sens du message venant d’un spécialiste, Albert Einstein :
« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »
Daniel Couriol est expert-consultant en développement culturel, auteur et ancien directeur du Centre culturel franco-guinéen (CCFG). Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions L’Harmattan, notamment Toi Guinée tu m’as pris dans tes bras (2017), Mieux vaut tard que jamais (2020), consacré aux tirailleurs coloniaux, ainsi qu’un ouvrage collectif, Embarquement pour Conakry, Capitale mondiale du Livre 2017.
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