À l’occasion du Forum National des Menstrues en Guinée, organisé du 1er au 31 mai 2026, les initiateurs de cette première édition ont lancé un vibrant plaidoyer en faveur de la santé menstruelle et reproductive des femmes et jeunes filles guinéennes.
S’exprimant au nom des femmes et des jeunes filles des huit régions administratives du pays — Conakry, Boké, Kindia, Mamou, Labé, Faranah, Kankan et N’Zérékoré — les organisateurs ont dénoncé une « urgence silencieuse » liée aux difficultés d’accès à l’éducation sexuelle et reproductive ainsi qu’à une bonne hygiène menstruelle.
Au cours des différentes étapes du forum, des milliers de femmes, de jeunes filles, de parents, d’enseignants et d’acteurs communautaires ont été rencontrés à travers le pays. Selon les responsables de l’initiative, cette campagne a permis de sensibiliser directement 7 590 femmes et jeunes filles. Un chiffre jugé encourageant, même s’il ne représente qu’environ 0,10 % de la population féminine guinéenne estimée à plus de 7,6 millions de personnes.
Les organisateurs alertent sur les conditions difficiles dans lesquelles de nombreuses jeunes filles vivent encore leurs menstruations, notamment dans les zones rurales et certaines localités urbaines. Entre manque d’information, précarité et tabous sociaux, plusieurs d’entre elles restent exposées à des infections et à d’importants risques sanitaires.
Dans leur déclaration, les responsables du forum ont également attiré l’attention sur les conséquences dramatiques liées au manque de prévention et d’accès aux soins, notamment les décès causés par le cancer du col de l’utérus ou encore les avortements clandestins.
« La santé menstruelle n’est pas seulement une question d’hygiène. C’est une question de dignité humaine, d’éducation, de santé publique et de justice sociale », ont-ils souligné.
Face à cette situation, plusieurs recommandations ont été adressées aux autorités guinéennes. Parmi elles figurent la mise en place d’infirmeries équipées dans les écoles et universités, l’amélioration des infrastructures sanitaires avec un accès permanent à l’eau potable, la subvention des serviettes menstruelles, le contrôle de leur qualité sur les marchés ainsi que la gratuité des consultations et du dépistage du cancer du col de l’utérus.
Les initiateurs du forum demandent également un renforcement de l’éducation sexuelle et reproductive dans les établissements scolaires ainsi qu’une implication accrue des hommes, des leaders religieux, des parents et des enseignants dans la sensibilisation.
Pour les organisateurs, investir dans la santé menstruelle et reproductive revient à investir dans l’avenir de la Guinée, à protéger les jeunes filles et à construire une société plus juste et plus forte.
Par Batrou Cissoko
