À l’approche de la publication des résultats définitifs des élections législatives et communales du 31 mai, le Bloc Libéral (BL) multiplie les dénonciations. Le parti affirme avoir constaté de nombreuses irrégularités dans le déroulement du processus électoral et annonce son intention de saisir la Cour suprême afin de contester certains résultats.
Lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 3 juin, les responsables du parti ont indiqué avoir officiellement saisi plusieurs institutions impliquées dans le processus électoral, notamment le président de l’ONASUR, la Directrice générale des élections (DGE), le président de la Cour suprême ainsi que les missions nationales et internationales d’observation électorale.
Selon le Bloc Libéral, les informations recueillies dans plusieurs préfectures, communes urbaines et rurales font état de dysfonctionnements lors des opérations de dépouillement et de centralisation des résultats. Le parti estime que ces pratiques constituent des violations du Code électoral et compromettent la transparence du scrutin.
« Nous allons saisir la Cour suprême », ont annoncé les responsables du BL, affirmant disposer de témoignages et d’éléments mettant en évidence ce qu’ils qualifient de « violations systématiques » des règles électorales.
Le parti rappelle que les articles 89, 90, 91, 110 et 290 du Code électoral encadrent strictement les opérations de dépouillement, de centralisation et de proclamation des résultats. Selon lui, ces dispositions garantissent notamment le dépouillement dans chaque bureau de vote sous le contrôle des représentants des candidats ainsi que l’établissement des procès-verbaux avant toute opération de centralisation.
Parmi les cas évoqués, le Bloc Libéral cite la préfecture de Yomou. Le parti affirme que le dépouillement aurait été interrompu dans plusieurs bureaux de vote avant le transfert des urnes vers un centre unique de centralisation, une procédure qu’il juge contraire aux dispositions légales en vigueur.
Face à cette situation, le BL demande la suspension des opérations de centralisation qu’il considère irrégulières, la mise à disposition des procès-verbaux aux représentants des candidats, l’accès aux documents électoraux ainsi que l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les faits dénoncés.
Le parti réclame également la conservation sous scellés de l’ensemble des documents électoraux afin de permettre d’éventuelles vérifications et de garantir l’exercice des recours devant les juridictions compétentes.
Pour le Bloc Libéral, les irrégularités relevées sont de nature à affecter la crédibilité du scrutin. Le parti estime que les résultats issus d’un processus entaché de violations du Code électoral ne peuvent bénéficier de la présomption de régularité attachée à une consultation démocratique transparente.
En attendant la décision de la Cour suprême, cette contestation ouvre une nouvelle étape dans le processus électoral, marquée par l’examen des recours et contentieux liés aux scrutins du 31 mai.
Par Aïssatou Dalanda Ly
