Face aux défis persistants liés à l’accès à l’eau potable, à la gestion des déchets et à la transition énergétique, le ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures entend accélérer la mise en œuvre de ses réformes. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 8 juin à Kaloum, le ministre Aboubacar Camara a présenté les principaux projets en cours et les ambitions du gouvernement pour améliorer durablement le cadre de vie des populations.
Entouré des cadres de son département ainsi que de partenaires techniques et financiers, le ministre a fait le point sur les avancées enregistrées dans plusieurs secteurs stratégiques.
Le gaz butane comme alternative durable
Abordant le secteur des hydrocarbures, Aboubacar Camara a mis l’accent sur les efforts entrepris pour promouvoir l’utilisation du gaz butane comme alternative au bois de chauffe et au charbon de bois.
Il a notamment cité l’inauguration récente de l’usine de Compta, spécialisée dans la requalification des bouteilles de gaz, comme une étape importante dans la stratégie nationale de démocratisation du gaz domestique.
« Il est important de trouver des solutions alternatives capables de soulager les femmes, de leur faire gagner du temps et de permettre également à nos jeunes sœurs et à nos filles de se consacrer à d’autres activités. Dans cette perspective, le gaz butane représente une véritable alternative », a déclaré le ministre.
Selon lui, cette infrastructure contribuera non seulement à améliorer l’accès au gaz à travers le pays, mais également à protéger l’environnement en réduisant la pression sur les ressources forestières.
Vers la fermeture de la décharge de Dar-es-Salam
Sur le volet assainissement, le ministre a confirmé la poursuite du processus de fermeture de la décharge de Dar-es-Salam, considérée depuis plusieurs décennies comme l’un des principaux défis environnementaux de la capitale.
« Notre ambition est de transformer cette souffrance, qui dure depuis quarante ans, en une opportunité. Nous voulons démontrer aux Guinéens que, lorsque nous le décidons, nous sommes capables de relever de grands défis », a-t-il affirmé.
Le projet prévoit la valorisation des déchets pour la production d’énergie électrique avec l’appui d’experts internationaux. À terme, le site devrait être entièrement réhabilité et transformé en un espace moderne au bénéfice des populations.
Des infrastructures de collecte sous pression
Le ministre est également revenu sur les difficultés rencontrées dans la gestion des déchets ménagers. Malgré la construction de plusieurs zones de transit grâce à l’appui des partenaires techniques et financiers, ces infrastructures sont aujourd’hui confrontées à une saturation croissante.
« Avec l’augmentation de la production des déchets et l’arrivée de nouvelles PME équipées de tricycles, ces zones sont saturées. Il n’est pas rare d’y observer de véritables embouteillages de tricycles », a-t-il expliqué.
Pour remédier à cette situation, le département envisage une réorganisation du système de collecte à travers une contractualisation renforcée avec des PME spécialisées et un meilleur accompagnement des acteurs du secteur.
Aboubacar Camara a également rappelé que près de 90 % des déchets produits peuvent être valorisés. Il a insisté sur la nécessité d’accélérer la lutte contre la pollution plastique, notamment à travers l’application du décret interdisant les plastiques à usage unique à l’horizon septembre 2026.
L’eau potable parmi les priorités
Dans le domaine de l’hydraulique, le ministre a annoncé une réforme du Fonds de l’hydraulique afin de mobiliser davantage de ressources pour les localités confrontées à des difficultés d’approvisionnement en eau potable.
« Notre ambition est de redynamiser le Fonds de l’hydraulique, d’identifier les localités prioritaires et de lancer des appels à contribution auprès des ressortissants, de la diaspora et des partenaires techniques et financiers », a-t-il indiqué.
Le ministre a également mis en avant le renforcement des capacités du Service national des points d’eau (SNAPE), désormais doté d’équipements lui permettant de réaliser directement des forages. Une mesure destinée à améliorer durablement l’accès à l’eau, tant dans les zones rurales que dans les centres urbains.
346 interventions pour réduire les risques d’inondation
Interrogés sur les opérations d’assainissement nocturne engagées ces dernières semaines, les responsables techniques du ministère ont indiqué que 346 interventions ont été programmées sur des sites identifiés comme présentant des risques d’inondation.
Selon eux, ces actions traduisent la volonté du gouvernement de réduire significativement les risques d’inondation à Conakry et dans les autres agglomérations exposées.
Toutefois, ils rappellent que les inondations ne sont pas uniquement liées à l’accumulation des déchets. L’insuffisance des réseaux de drainage, l’occupation anarchique des zones inondables et une urbanisation non maîtrisée figurent également parmi les principales causes de ces phénomènes récurrents.
Par Aïssatou Dalanda Ly
