Le 2 octobre 1958, la Guinée devint le premier pays africain à obtenir son indépendance de la France. Avec une phrase qui résonne encore.
« Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage. » La Guinée fut la seule colonie à dire non au référendum du général de Gaulle. Ce ne fut pas un geste facile : pendant près de soixante-dix ans, la France avait réorganisé cette terre à sa manière — ses frontières, son administration, la langue dans laquelle ses enfants devaient apprendre à lire. Ce 2 octobre, la Guinée reprit ses propres rênes.
Le grand jour
Aujourd’hui, la semaine de l’indépendance va du 27 septembre au 3 octobre. Le grand jour est le 2. Au petit matin, une couronne de fleurs à la Place des Martyrs, à Kaloum, en mémoire des martyrs. Puis, au Palais du Peuple, défilent les forces armées et les représentants des ethnies, dans des tenues rouge, jaune et vert — les couleurs du drapeau — jamais reprises d’une année à l’autre.
Ensuite, la ville se libère. Les rues se remplissent de couleurs et de djembés. Chaque ethnie apporte la sienne : Peuls, Malinkés, Soussous, et tant d’autres. Les familles s’assoient autour de grands plats de riz : riz soussou, poulet yassa. L’après-midi, tournois de football, courses, musique. Toujours la musique.
Une fête qui transmet la joie, la fierté d’être guinéen, la satisfaction pour la reprise des rênes du destin de notre pays, et une fermeté face à nos dirigeants en ce qui concerne la confiance dans la capacité d’être, chaque jour, meilleur pays que la veille.
Une fête qui unit tout un peuple que, vu de loin, certains croient divisé jour et nuit. Ce n’est pas le cas. Mais l’indépendance n’est pas tout votre héritage : j’y reviens la semaine prochaine.
Par Javier Albarracín, président de Wonma Bokhi
