INTERNATIONAL

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé que 44 des 234 migrants rescapés de l’Ocean Viking vont être expulsés de France.

Quelque 60 migrants de l’Ocean Viking ont été autorisés, mardi, à demander l’asile en France après l’examen de leur situation par l’Ofpra. À l’inverse, les demandes de 44 autres rescapés ont été considérées comme « infondées ». Le ministère de l’Intérieur souhaite les expulser au plus vite. D’autres personnes pourraient être concernées car l’étude des dossiers est en cours.

Sur les 234 rescapés du navire humanitaire Ocean Viking débarqués à Toulon la semaine dernière, « 44 se voient désormais » opposer un refus à leur demande d’asile, a indiqué le ministre de l’Intérieur. D’autres personnes pourraient être concernées lorsque tous les profils auront été étudiés a laissé entendre Gérald Darmanin.

Ces personnes « seront reconduites [vers leur pays d’origine] dès que leur état de santé » le permettra, a-t-il expliqué lors de la séance de questions au gouvernement mardi 15 novembre, précisant que l’étude des dossiers était toujours en cours.

« J’ai déjà pris (…) contact dès hier [lundi] avec mes homologues étrangers pour que ces reconduites à la frontière puissent se faire dans les temps les plus courts possibles », a ajouté Gérald Darmanin, espérant que ces expulsions soient réalisées d’ici la fermeture de la zone d’attente « dans une vingtaine de jours », sans préciser la nationalité des personnes concernées.

Le gouvernement français souhaite aller vite, mais ces refoulements pourraient prendre un temps plus long, car ces procédures nécessitent que « la personne soit détentrice d’un passeport et d’un laissez-passer consulaire ». Or ce document doit être délivré par le pays d’origine et cela prend du temps car certains pays tardent à l’octroyer, avait expliqué l’Anafé, association de défense des étrangers aux frontières, à InfoMigrants il y a quelques jours.

Le taux de refoulement pour les personnes qui se voient refuser l’entrée sur le territoire français dans les zone d’attente est de 60 %, indique l’Anafé. Pour le reste, le sort des migrants qui n’ont pu ni déposer de dossier d’asile, ni être refoulés vers leur pays d’origine, reste en suspens.

60 migrants autorisés à demander l’asile en France

Les rescapés de l’Océan Viking sont majoritairement originaires du Bangladesh, d’Érythrée et de Syrie, mais aussi d’Égypte, du Pakistan et du Mali notamment.

Sur ces 234 migrants sauvés, 44 ont été reconnus mineurs et sont donc pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance. Concernant les autres, « 60 peuvent demander l’asile, notamment des Syriens, des Soudanais, des Érythréens », a encore précisé Gerald Darmanin devant le Parlement français.

Depuis leur débarquement dans le port militaire de Toulon, dans le du sud de la France, les adultes et les familles ont été transférées dans un centre de vacances de la presqu’île de Giens, à Hyères, transformée en « zone d’attente » internationale fermée, d’où elles ne peuvent pas sortir.

>> À (re)lire : Les ZAPI, ces « hotspots à la française » où l’attente ronge les migrants

Dans le cadre d’une procédure d’asile à la frontière, l’Office français de protection des réfugiés et apatride (Ofpra) a été chargée de réaliser une première évaluation de leur parcours, pour décider si ces personnes pouvaient être officiellement admises sur le territoire français pour déposer une demande d’asile en bonne et due forme. Cette première phase d’audition par des agents de l’Ofpra a pris fin lundi soir, d’après la préfecture du Var.

Après avoir mené ces entretiens, l’Ofpra donne un avis au ministère de l’Intérieur qui autorise ou non les migrants interrogés à déposer leur demande d’asile. Cette étape est en cours.

Habituellement une demande d’asile française est d’abord enregistrée en préfecture, puis s’ensuit une convocation à un entretien avec l’Ofpra, et entre trois à six mois mois d’attente avant la réponse.

Quatre migrants libres de quitter la « zone d’attente »

Par ailleurs, deux migrants blessés durant la traversée sont toujours hospitalisés. InfoMigrants a appris que ces deux migrants et deux autres exilés sont désormais libres de quitter la « zone d’attente » puisqu’un juge des liberté et de la détention (JLD) a refusé hier la prolongation de leur maintien en zone d’attente en raison de plusieurs vices de procédure.

Le JLD devait examiner, mardi, plus de 180 autres demandes de maintien en « zone d’attente » pour une durée de 8 jours supplémentaires, comme le prévoit la loi française. La durée maximale de maintien en « zone d’attente » étant de 26 jours.

>> À (re)lire : Les convocations et les décisions de l’Ofpra désormais transmises en ligne

Deux-tiers des personnes ne resteront de toute façon pas en France, puisqu’elles seront relocalisées dans neuf pays, a précisé le ministère, citant l’Allemagne qui doit en accueillir environ 80, le Luxembourg, la Bulgarie, la Roumanie, la Croatie, la Lituanie, Malte, le Portugal et l’Irlande.

Si une personne se voit refuser l’entrée sur le territoire par le ministère de l’Intérieur, un recours juridique est possible. Il s’agit du recours contre le refus d’admission sur le territoire au titre de l’asile à déposer dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision de refus prise par le ministère de l’Intérieur, explique la Cimade.

Guineesignal

Recent Posts

Parc urbain de Conakry : Kaba Sidibé revient sur le chantier et les réclamations de VIDERI ENTERPRISE

Inauguré le 30 septembre à Camayenne, le Parc urbain de Conakry constitue un nouvel espace…

18 heures ago

Le français au-delà de la puissance (Par Daniel Couriol)

Que peut bien nous enseigner un chef-d’œuvre de la littérature russe du XIXe siècle sur…

2 jours ago

Bannir les démons du passé

Cette semaine, l’heure n’est plus aux politesses de circonstance. Nous devons scruter l’actualité nationale les…

2 jours ago

Guinée : Présidence et Gouvernement font le point sur les grandes priorités nationales

Conakry, 19 octobre 2026 – Le Général Amara Camara, porte-parole de la Présidence de la…

2 jours ago

Dr Ibrahima Sory Sow n’est plus : Hommage au symbole de la constance (Par Abdoulaye Condé)

Dr Ibrahima Sory Sow, ancien ministre de la Santé, ancien ambassadeur de Guinée en Allemagne…

3 jours ago

Le Corps africain : un partenariat au service de la sécurité et du développement du continent

L’Afrique est un continent aux immenses possibilités, mais dans certaines régions, ces opportunités sont freinées…

4 jours ago