La Garde nationale tunisienne a annoncé, vendredi 7 avril, avoir intercepté ou secouru sur les trois premiers mois de l’année plus de 14 000 candidats à l’émigration vers l’Europe, essentiellement originaires d’Afrique subsaharienne, soit cinq fois plus que lors de la même période en 2022.
Du 1er janvier au 31 mars, les garde-côtes ont « déjoué 501 opérations de franchissement clandestin des frontières maritimes et sauvé 14 406 personnes dont 13 138 originaires d’Afrique subsaharienne, le reste étant des Tunisiens », a annoncé le porte-parole de la Garde nationale sur Facebook. Les statistiques de 2023 sont « en très forte hausse parce qu’il y a beaucoup de départs », a-t-il ajouté.
Plusieurs dizaines de candidats sont morts dans une série de naufrages et d’autres sont portés disparus depuis un violent discours, le 21 février, du président Kaïs Saïed pourfendant l’immigration clandestine. Celui-ci avait affirmé que la présence en Tunisie de « hordes » d’immigrés clandestins venant d’Afrique subsaharienne était source de « violence et de crimes » et relevait d’une « entreprise criminelle » visant à « changer la composition démographique » du pays.
Après ce discours, un bon nombre des 21 000 ressortissants d’Afrique subsaharienne recensés officiellement en Tunisie – pour la plupart en situation irrégulière – avaient perdu du jour au lendemain leur travail, généralement informel, et leur logement, du fait de la campagne contre les clandestins.
>> À lire aussi : « Un climat de frayeur » : en Tunisie, les migrants subsahariens stigmatisés et agressés
Selon le ministère italien de l’Intérieur, plus de 14 000 migrants sont arrivés en Italie depuis le début de l’année, contre un peu plus de 5 300 durant la même période l’an dernier et 4 300 en 2021.
Avec AFP