En Guinée, les incompréhensions liées à la démocratie ne trouvent leur solution ni dans la rue, ni autour de la table.
Chaque manifestation politique, voire sociale, est réprimée dans le sang. Les manifestants prennent un coup dans la paillasse, les survivants comptent les morts, les blessés et les arrestations.
C’est une constante.
Les « dialogues » politiques préconisés par les sages et les organisations supranationales sont biaisés par la présence massive de partis satellites sans représentativité aucune et par la participation pernicieuse d’un bataclan d’organisations de la société civile (OSC). Ces micro-partis et OSC ne visent qu’à mettre en minorité les grands partis dans lesquels se reconnaît presque tout le peuple. Ils prétendent parler sur un pied d’égalité avec eux. Or, sans le dire, ils roulent pour le pouvoir en place, qui se trouve ainsi sur-représenté dans les discussions.
Ces « dialogues » finissent alors par un statu quo favorable au pouvoir central et la frustration pour les forces démocratiques. Leur présence devient inutile, elles s’en vont puisqu’elles n’obtiennent rien dans leurs revendications. Et les aboyeurs de service les taxent de mauvaise foi et d’hostilité à la cause nationale, comme s’ils en avaient l’apanage.
Les « dialogues » mènent à un dissensus mais les autorités prétendront être parvenues à un consensus national, grâce à la majorité négative.
C’est une autre constante.
Dans les démocraties avancées, les manifestations sont quelquefois très violentes mais le bilan humain est toujours nul : zéro mort. Il y a seulement arrestations et poursuites judiciaires. Cela prouve que ce n’est pas parce qu’un bœuf entre dans la boucherie qu’il y trouve la mort, c’est parce qu’un boucher l’y attend un coutelas en main pour l’égorger.
Finalement, si descendre dans la rue ou participer à un dialogue mène à la mort, à l’arbitraire ou à l’exclusion, que faire pour bâtir une vraie démocratie en Guinée, c’est-à-dire promouvoir l’alternance politique ? En tout cas, on a tout essayé.
Par Albassirou Diallo ( Elbechir )
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