GRAND ANGLE

Inconscience sur la RN1 Conakry-Kindia : quand la route devient un danger permanent

Nous ne cesserons jamais de le dire : emprunter la nationale numéro 1 (RN1) reliant Conakry à Kindia est une épreuve de nerfs et de courage. Il faut avoir le cœur bien accroché pour supporter les scènes surréalistes qui s’y déroulent au quotidien.

Sur cette route, qui devrait être un axe structurant du pays, l’anarchie règne en maître. Des minibus surchargés, souvent non immatriculés, roulent à tombeau ouvert, leurs apprentis suspendus à l’arrière comme s’ils défiaient la gravité. Lorsqu’ils dépassent les autres véhicules, l’impression qu’ils vont vous percuter de plein fouet est constante.

Comme si cela ne suffisait pas, les dépassements hasardeux sont devenus une norme inquiétante. Il est fréquent de voir des camions lancés à vive allure en troisième position dans les virages, conduits par des jeunes visiblement inexpérimentés. À cela s’ajoute l’imprudence des motocyclistes, qui n’hésitent pas à transporter des charges dangereuses sans la moindre précaution.

Aujourd’hui encore, nous avons frôlé un drame. En abordant un virage, nous avons croisé une moto transportant huit bidons de 20 litres remplis de gasoil. Subitement, deux bidons se sont détachés, et l’un d’eux est venu heurter notre véhicule. Nous avons immédiatement stationné pour vérifier les dégâts. À notre grande surprise, le conducteur de la moto, loin d’être préoccupé par les conséquences de son imprudence, a simplement lâché : « Pardonnez-moi à cause de Dieu ».

Mais où sont donc les forces de l’ordre censées veiller au respect du Code de la route ? Ce qui est troublant, c’est que toutes ces violations graves des règles de sécurité se déroulent sous les yeux des policiers et gendarmes postés le long du trajet, sans la moindre verbalisation. En revanche, ils n’hésitent pas à se positionner en pleine chaussée pour arrêter les voitures personnelles, souvent pour des raisons purement pécuniaires.

Cette passivité coupable des agents de la sécurité routière transforme la RN1 en un véritable couloir de la mort. Les accidents mortels s’y multiplient, fauchant de nombreuses vies dans une indifférence généralisée.

Il est urgent que la police routière et la gendarmerie de rase campagne reprennent leur rôle régalien. Sans une action ferme et immédiate, la RN1 continuera d’engloutir nos compatriotes sous le regard impuissant de ceux qui devraient pourtant assurer leur sécurité.

Par Aboubacar SAKHO
Juriste-journaliste

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