GRAND ANGLE

Nouvelle Constitution, nouvelles règles : pourquoi chaque Guinéen peut être candidat (Alamina Baldé)

La question de savoir si les membres de la transition peuvent se présenter aux prochaines élections a été définitivement tranchée, tant sur le plan juridique que politique. Une fois le référendum constitutionnel du 21 septembre organisé et la nouvelle Constitution adoptée par le peuple, cette loi fondamentale deviendra la référence légale exclusive pour définir les conditions d’éligibilité. La Charte de la Transition, bien qu’essentielle pour encadrer cette période, perdra toute force contraignante dès l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution. Dès lors, tout citoyen guinéen, respectant les critères d’éligibilité fixés par celle-ci, pourra légalement se porter candidat, sans aucune distinction ni exclusion injustifiée.

La démocratie, fondement même de notre société, repose sur des règles justes, transparentes et égalitaires, qui assurent à chaque citoyen la possibilité de participer pleinement au processus électoral. Le retour à l’ordre constitutionnel en République de Guinée représente une étape majeure dans la reconstruction de notre démocratie. Il est essentiel de ne pas semer la confusion sur des points déjà clairement définis. Si la future Constitution ne prévoit aucune exclusion spécifique, il serait inconcevable qu’un Guinéen, même s’il fait partie de la transition, soit privé de son droit de briguer les suffrages du peuple. Cette évidence doit désormais guider nos débats et renforcer notre engagement collectif vers un avenir démocratique harmonieux.

Des expériences vécues dans d’autres pays africains, comme le Tchad et le Gabon, confirment cette réalité. Au Tchad, Mahamat Idriss Déby, qui dirigeait initialement un gouvernement de transition militaire, a vu son droit de se présenter validé après la révision de la charte et l’adoption d’un nouveau cadre juridique. Il est aujourd’hui président élu, soutenu par une majorité croissante de la population et de la communauté internationale. De même, au Gabon, le général Brice Oligui Nguema, élu président de la République, n’a jamais été exclu de se présenter aux élections après l’adoption de la constitution. Ce sont les électeurs, à travers un processus démocratique, qui décident de l’avenir politique de leur pays. Ces deux exemples démontrent clairement que les textes transitoires ne sont pas destinés à empêcher de manière permanente la participation des leaders politiques au processus démocratique, surtout lorsque le peuple a eu l’opportunité de se prononcer par référendum.

Il est donc inutile et contre-productif de raviver ce débat dans l’espace public, semant ainsi davantage de confusion. La République de Guinée avance sereinement vers une nouvelle ère constitutionnelle sous le leadership du président du CNT, Dr Dansa Kourouma. Il est impératif que notre attention se concentre sur les véritables enjeux de cette transition : la paix, la stabilité, la transparence électorale et, par-dessus tout, le respect de la volonté populaire. C’est dans ce sens que les débats doivent s’orienter, loin des polémiques qui n’ont plus lieu d’être. La démocratie ne se limite pas à un champ d’exclusion, mais se nourrit de la diversité et de la liberté de choix que le peuple peut exercer.

Il est donc essentiel de détourner notre attention des controverses superficielles et de nous concentrer sur l’essentiel : le respect des principes de justice et d’équité, la consolidation de la stabilité politique et le renforcement de l’institution judiciaire. À travers une Constitution légitimée par le peuple le 21 septembre 2025, tous les Guinéens, de Conakry à Soumpoura, de Dabola à Sipilou, doivent pouvoir participer pleinement au processus électoral, en toute liberté, selon les règles du jeu définies par la loi.

Le peuple de Guinée mérite une démocratie authentique, où chacun, sans distinction, pourra défendre ses idées et aspirations. C’est l’objectif fondamental de la transition et de l’adoption de la nouvelle Constitution. Il est donc grand temps de tourner la page des débats stériles et de nous projeter résolument vers l’avenir, avec confiance et ambition, pour un pays plus juste, plus stable et plus prospère.

Alamina BALDE

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