Un drame a été évité de justesse à la maternité de l’hôpital préfectoral de Siguiri dans la nuit du 4 au 5 août 2025. Vers 22 heures, un individu s’est introduit par la fenêtre dans une chambre de la maternité, avec la ferme intention d’enlever un nouveau-né.
Selon le médecin légiste Dr Abdoulaye Bachir Condé, c’est la vigilance de la mère qui a permis de sauver l’enfant. « L’homme est entré par la fenêtre. Il a essayé de prendre le bébé, mais la maman ne dormait pas. Dès qu’elle a compris ce qui se passait, elle a réagi immédiatement. Elle s’est battue avec l’intrus et a crié au voleur, ce qui a alerté le reste du personnel et des patients. L’individu a alors lâché prise et s’est enfui en escaladant le mur », a-t-il rapporté.
Ce n’est malheureusement pas un fait isolé. Le Dr Condé affirme que cette tentative s’inscrit dans une série d’incidents similaires survenus dans la même maternité. « Ce genre de situation s’est déjà produit. L’insécurité devient préoccupante dans cet établissement, surtout dans le service de maternité », alerte-t-il.
Il met également en garde contre les conséquences d’un éventuel enlèvement : « Si l’enfant avait été enlevé, c’est tout le personnel médical qui aurait été pointé du doigt : sage-femmes, médecins, tout le monde. Il est urgent que les autorités renforcent la sécurité dans les hôpitaux. » Le médecin critique par ailleurs le comportement de certains visiteurs, qui refusent de se plier aux règles de sécurité. « Quand on demande aux gens de quitter les chambres, ce n’est pas par méchanceté, mais pour protéger les malades et garantir un minimum de confidentialité. Malheureusement, ici, à Siguiri, beaucoup ne veulent rien entendre. Certains visiteurs n’ont aucune intention bienveillante. Ils viennent pour critiquer, observer, ou pire encore », déplore-t-il.
Il plaide pour un meilleur encadrement des visites, qu’il juge trop laxistes. « Ce sont souvent les plus âgés qui s’opposent le plus aux consignes. À Kankan, par exemple, ces règles sont bien respectées. Pourquoi pas ici ? », s’interroge-t-il.
En conclusion, Dr Condé appelle à une prise de conscience collective : « Cet incident doit être un signal d’alarme pour toute la population de Siguiri. Il est temps de changer notre manière de fréquenter les hôpitaux et de respecter les consignes de sécurité médicale. »
Aïssatou Dalanda Ly
