Nommés par décret du président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Ibrahima Sory 2 Tounkara, et la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Kaïté Sall, ont officiellement pris fonction ce mercredi 4 février à Conakry. À cette occasion, chacun a présenté les grandes priorités de son département.
Justice : une réforme axée sur l’humain et l’efficacité

Dans son discours, le ministre de la Justice a dressé un tableau préoccupant de l’appareil judiciaire guinéen. Il a notamment insisté sur le surpeuplement carcéral, causé par la lenteur des procédures, le non-respect des délais légaux et le recours excessif à la détention provisoire. Pour lui, « une justice lente est une justice perçue comme injuste ».
Afin d’y remédier, il a annoncé une politique pénale responsable et humaine, fondée sur le respect strict des délais, la réduction de la détention provisoire et la promotion des alternatives à l’incarcération. Il a également mis l’accent sur la protection des droits humains, l’accès équitable à la justice et la modernisation du système judiciaire, notamment par la digitalisation des procédures, la réhabilitation des infrastructures et le renforcement des capacités des acteurs du secteur.
Santé : consolider les acquis et relever les défis

Prenant la parole, la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a reconnu l’ampleur des attentes des populations en matière d’accès aux soins. Elle a salué les acquis enregistrés ces dernières années, notamment en matière de gouvernance, de transparence et de restauration progressive de la confiance entre les citoyens et le système de santé.
Parmi ses priorités figurent la poursuite des grands chantiers d’infrastructures sanitaires, en particulier les hôpitaux régionaux à vocation universitaire, ainsi que la mise en œuvre de réformes structurantes. Son action reposera sur des axes clairs : prévenir, détecter, riposter et éradiquer les maladies, qu’elles soient transmissibles, non transmissibles ou tropicales négligées.
Consciente des contraintes budgétaires, la ministre a appelé à une gestion rigoureuse des ressources publiques et à l’adoption de mécanismes innovants de financement, afin d’obtenir des résultats concrets et durables au bénéfice des populations.
Par Aïssatou Dalanda Ly.
