GRAND ANGLE

Ne décevons pas cet espoir naissant

Le pas est franchi. Après le double scrutin historique du 31 mai 2026, nous tournons une page importante de notre histoire institutionnelle. Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a acté l’installation des maires sur toute l’étendue du territoire. Finies les délégations spéciales nommées. Place à la souveraineté de nos urnes ! Faisons en sorte que les chiffres traduisent enfin notre volonté farouche d’aller de l’avant.
Sur les 8 753 conseillers communaux que nous avons élus, nous dénombrons 5 130 hommes et 3 623 femmes. Cette forte représentativité féminine, qui atteint la barre des 41%, combinée à la présence de 1 877 jeunes de moins de 35 ans, apporte un souffle nouveau et un immense espoir. Ce renouvellement générationnel et paritaire doit désormais se traduire en actes.


À nous de veiller à ce que l’élection de nos conseils municipaux soit le véritable acte fondateur de notre démocratie locale. Nous devons transformer radicalement notre gouvernance. Nos élus ne relèveront plus d’une hiérarchie descendante dictée par la capitale. Ils tirent désormais leur légitimité directement de nous, les citoyens. Comprenons que c’est à la base que se joue le destin de nos communautés.


Nos conseils municipaux doivent devenir les moteurs de l’autonomie financière et de la gestion de nos collectivités.
À nous de co-construire le budget et d’orienter les investissements selon nos priorités vitales, au premier rang desquelles figurent l’assainissement, les écoles, les marchés et les infrastructures de santé.


Toutefois, cette autonomie nous impose un devoir sacré de redevabilité. Nos sessions doivent être publiques, nos débats contradictoires et notre gestion transparente. Les risques de corruption reculeront devant notre vigilance citoyenne active. Chaque conseiller municipal doit savoir, sous notre regard attentif, que son mandat est limité. S’il gère mal nos biens communs, notre sanction électorale sera sans appel.


Il nous faut rompre définitivement avec les vieux démons de la politique politicienne. Trop souvent, notre pays a souffert de ce syndrome du surplace qui se traduit par un pas en avant, cinq pas en arrière.
Cette fâcheuse habitude de détruire nos acquis par des crises stériles doit cesser.
Mettons-nous urgemment à la tâche. Travaillons main dans la main pour faire évoluer nos collectivités décentralisées.


Ne décevons pas cet espoir naissant. Que chaque élu assume sa mission avec honneur ! Le développement de notre pays ne se fera pas seulement depuis les salons calfeutrés de Conakry. Il jaillira plutôt de notre base. Voilà pourquoi, pour les cinq ans à venir, nous devons rester debout et vigilants pour notre démocratie.
 
Par Alpha Abdoulaye Diallo in Le Populaire du 6 juillet 2026

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