GRAND ANGLE

À la mémoire d’Addi Bâ ! (Par Daniel Couriol)

Alors que la France a érigé Addi Bâ au rang de figure héroïque de la Résistance, le maquisard vosgien reste largement ignoré dans sa patrie originelle. Daniel Couriol revient sur le parcours fascinant de ce tirailleur guinéen d’origine et nous invite à raviver une mémoire indispensable à notre avenir.
Lisez !

S’il est un tirailleur sénégalais au parcours tout aussi exemplaire que tragique, c’est bien d’Addi Bâ dont il faut inlassablement se souvenir.
Tierno Monénembo lui consacra un roman paru au Seuil en août 2012 intitulé : Le Terroriste noir. Le film Nos patriotes donnera une résonance nouvelle à ce roman en 2017. Il fut réalisé par Gabriel Le Bomin.
Entre-temps, en 2013, Étienne Guillermond fut l’auteur d’un ouvrage historique très détaillé : Addi Bâ, résistant des Vosges.
Les jeunes Africains, tout comme ceux du monde entier, devraient découvrir ces deux ouvrages et ce film car, au-delà du récit historique, ils permettent de mieux ressentir ce que veut dire ce verbe qui engage tellement : résister.
Addi Bâ, tirailleur sénégalais fait prisonnier pendant les combats de juin 1940, s’échappe, se réfugie dans les Vosges où il va diriger l’un des tout premiers maquis dont le nom est déjà tout un programme : La Délivrance !
Pour cela, il lui fallait des qualités humaines que les différents témoins de l’époque ont presque tous unanimement soulignées : être débrouillard, téméraire tout en étant d’une grande discrétion. Il fut en réalité, lui le Guinéen d’origine, comme un poisson dans l’eau au milieu de la forêt dense du canton de Lamarche.
Si vous ajoutez à cela qu’il était doté de ce que l’on peut appeler une certaine autorité naturelle, l’on comprend mieux en quoi son parcours demeure une source d’inspiration.
Blessé lors de l’attaque du maquis le 14 juillet 1943 par les troupes d’occupation allemandes, commence alors pour Addi Bâ un long chemin de croix, fait d’interrogatoires et de tortures, jusqu’à son procès et son exécution le 18 décembre 1943. Il sera exécuté en même temps que Marcel Arburger, qui avait tout partagé de cette aventure exceptionnelle.
Souvenons-nous d’Addi Bâ, tirailleur engagé, pionnier de la Résistance, qui nous donne un sujet de réflexion plus que jamais nécessaire.
Car, en effet, résister ne se conjugue pas qu’au passé : il doit l’être au présent pour un meilleur avenir !

Par Daniel Couriol,

écrivain, expert-consultant, 

ancien Directeur général du 

Centre culturel franco-guinéen (CCFG)v

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