GRAND ANGLE

Tribune : Auditer, oui. Mais auditer tout le monde, dans la transparence et l’intérêt national (Par Freddy Peyou Gballou)

Les sages nous enseignent que l’histoire est un témoignage. Elle nous permet de tirer les leçons du passé pour mieux construire l’avenir. La Guinée, souvent présentée comme un pays au sous-sol exceptionnellement riche, dispose de nombreuses ressources naturelles, agricoles et hydriques. Pourtant, cette abondance contraste encore avec les difficultés auxquelles une grande partie de la population reste confrontée.

Notre pays possède d’importantes ressources minières, de vastes terres agricoles et de nombreux cours d’eau qui prennent leur source sur son territoire. La Guinée est même surnommée le « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest ». Mais cette richesse ne se traduit pas toujours par une amélioration suffisante des conditions de vie des populations.

Dès lors, une question mérite d’être posée : comment mieux valoriser nos ressources et garantir que leur exploitation profite davantage à l’économie nationale et aux Guinéens ?

L’exigence de transparence doit être la même pour tous

Ces dernières semaines, le débat public s’est particulièrement focalisé sur les activités du Groupe GUICOPRES et de son PDG, KPC. Des interrogations ont été soulevées sur certains projets réalisés ou attribués au groupe, avec des appels à l’audit.

Sur le principe, un audit n’a rien de scandaleux. Au contraire, lorsqu’il est conduit par des structures compétentes, indépendantes et dans le respect des procédures, il peut permettre de faire toute la lumière sur la gestion d’un projet, son coût, son exécution et les résultats obtenus.

Mais si nous voulons réellement faire de la transparence une exigence nationale, elle doit s’appliquer à tous, sans distinction.

Pourquoi demander des audits uniquement sur certains projets ou certaines entreprises ? Pourquoi ne pas examiner également les grands investissements publics dont les résultats soulèvent depuis longtemps des interrogations dans l’opinion ?

L’objectif ne devrait pas être de défendre une personne ou d’en condamner une autre. L’objectif devrait être de rechercher la vérité, de protéger les ressources publiques et d’améliorer la qualité de la gouvernance.

Des projets qui méritent également des réponses

La question des audits peut être élargie à plusieurs grands projets et entreprises ayant marqué l’histoire économique récente de la Guinée.

Le barrage de Garafiri, les ouvrages hydroélectriques de Kaléta et Souapiti, l’ancienne usine de Fria, certains projets routiers et d’infrastructures urbaines, ou encore l’histoire de la SOTELGUI sont autant de dossiers qui mériteraient, lorsque cela est nécessaire, une évaluation sérieuse et documentée.

L’enjeu n’est pas de jeter l’opprobre sur les responsables passés ou présents. Il s’agit plutôt de comprendre ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné, combien les projets ont coûté, quels étaient leurs objectifs et quels résultats ont réellement été obtenus.

Un audit doit servir à établir les faits, pas à organiser une chasse aux sorcières.

Si un projet a été correctement exécuté, l’audit doit permettre de le démontrer. S’il existe des irrégularités, elles doivent être établies sur la base de preuves et les responsabilités doivent être situées conformément à la loi.

Le cas des entrepreneurs guinéens

La Guinée a besoin d’entrepreneurs nationaux capables de créer des emplois, d’investir, de développer des compétences et de faire rayonner le savoir-faire guinéen.

Cela ne signifie pas qu’une entreprise nationale doit être exemptée de contrôle. Au contraire, les entrepreneurs qui travaillent avec l’État doivent être soumis aux mêmes exigences de transparence, de qualité et de responsabilité que les entreprises étrangères.

Mais il serait également injuste de considérer systématiquement l’entrepreneur guinéen comme suspect, tout en accordant davantage de crédit aux entreprises étrangères.

Les entreprises nationales qui grandissent doivent être encouragées à se professionnaliser, à respecter les normes et à renforcer leur gouvernance. Elles doivent également accepter le principe du contrôle public lorsque leurs activités impliquent des ressources de l’État.

Soutenir l’entrepreneuriat national et exiger la transparence ne sont pas deux démarches contradictoires. Elles sont complémentaires.

Les leçons de notre histoire économique

L’histoire récente de la Guinée offre plusieurs exemples qui devraient nous pousser à réfléchir.

Le cas de Futurelec et de son fondateur, feu El Hadj Mamadou Sylla, reste encore présent dans les mémoires. Les controverses autour de ses relations financières avec l’État, les audits engagés à l’époque et les différentes versions sur les sommes dues par les parties constituent un épisode important de notre histoire économique.

Plutôt que de laisser ces dossiers dans les tiroirs de l’histoire, pourquoi ne pas travailler à leur documentation et à leur clarification ?

L’histoire économique d’un pays ne doit pas être construite sur les rumeurs, les accusations ou les règlements de comptes. Elle doit reposer sur des archives, des rapports d’audit, des chiffres et des faits vérifiables.

La transparence doit aussi concerner les entreprises publiques

Le même principe peut être appliqué à des entreprises publiques ou stratégiques qui ont connu des difficultés.

La SOTELGUI, par exemple, demeure un sujet important dans l’histoire des télécommunications en Guinée. Que s’est-il réellement passé ? Quelles décisions ont conduit à son déclin ? Quels investissements ont été réalisés ? Quels équipements ont été acquis ? Où se situent les responsabilités ?

Ces questions méritent des réponses documentées.

De même, lorsqu’un ouvrage public présente des dysfonctionnements récurrents, la meilleure réponse ne devrait pas être le silence, mais une évaluation technique et financière permettant de comprendre les causes du problème et d’y apporter des solutions.

Ne transformons pas le débat public en tribunal des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ont profondément transformé notre manière de nous informer et de débattre. Ils permettent de dénoncer rapidement certaines anomalies et de donner la parole aux citoyens.

Mais ils peuvent aussi devenir un espace où les accusations se substituent aux preuves.

Une personne peut être critiquée, questionnée et auditée sans être publiquement condamnée avant même que les institutions compétentes aient rendu leurs conclusions.

La présomption d’innocence doit rester un principe fondamental.

Si des faits sont reprochés à une entreprise ou à un entrepreneur, qu’ils soient examinés par les structures compétentes. Que les contrats soient publiés lorsque la loi le permet. Que les montants soient vérifiés. Que les cahiers des charges soient comparés aux réalisations. Et que les conclusions soient rendues publiques dans le respect des procédures.

C’est ainsi que nous construirons une véritable culture de responsabilité.

Encourager nos élites sans renoncer à l’exigence

La réussite d’un entrepreneur guinéen devrait être une source de fierté collective. Mais la réussite ne doit jamais placer quelqu’un au-dessus de la loi.

Nous devons donc sortir de deux extrêmes : l’idolâtrie et la condamnation systématique.

Encourager un entrepreneur national ne signifie pas fermer les yeux sur ses éventuelles erreurs. Demander un audit ne signifie pas vouloir détruire une entreprise.

Notre responsabilité collective est de trouver cet équilibre.

La Guinée a besoin d’entrepreneurs solides, de cadres compétents, d’institutions fortes et d’une justice capable de travailler en toute indépendance.

Des personnalités comme KPC, El Hadj Sonoco, Lamine Guirassy, Louis Camara ou Kaba GPC, pour ne citer que quelques figures connues de l’écosystème économique et médiatique, peuvent contribuer, chacun dans son domaine, au rayonnement du pays.

Mais leur réussite doit s’inscrire dans un environnement où la compétence, la transparence, la concurrence loyale et le respect des règles sont les véritables critères de reconnaissance.

Pour une culture nationale de l’audit

Au fond, la question n’est pas : « Faut-il auditer KPC ? »

La véritable question est : « Sommes-nous prêts à instaurer une culture permanente de l’audit et de la reddition des comptes en Guinée ? »

Si la réponse est oui, alors auditons les projets publics, les entreprises publiques, les grands marchés, les infrastructures, les contrats miniers et les partenariats de l’État, selon les procédures prévues par la loi.

Auditons quand cela est nécessaire.

Mais surtout, auditons avec la même rigueur, les mêmes critères et la même exigence pour tous.

La Guinée n’a pas besoin de règlements de comptes. Elle a besoin de vérité.

Elle n’a pas besoin de détruire ses entrepreneurs. Elle doit les accompagner vers davantage de professionnalisme.

Elle n’a pas besoin de fermer les yeux sur les éventuelles dérives. Elle doit renforcer ses institutions pour les prévenir et les sanctionner lorsqu’elles sont établies.

Notre pays possède suffisamment de ressources pour construire une économie forte. Mais aucune richesse naturelle ne peut remplacer la qualité des institutions, la compétence des hommes et la transparence dans la gestion publique.

Ne détruisons pas ceux qui entreprennent. Ne protégeons pas non plus ceux qui trichent. Construisons plutôt un système où chacun est contrôlé, chacun rend compte et chacun peut être reconnu pour son mérite. C’est à ce prix que nous pourrons véritablement parler d’une Guinée émergente

Arrêtons de fustiger et d’incriminer KPC sur la base des préjugés voulant à tout prix l’abattre sans preuves concrètes, si nous voulons réellement auditer alors auditons toutes les entreprises qui officient en Guinée et qui ont exécutés des marchés avec l’Etat au lieu de faire du deux poids deux mesures. KPC est une fierté nationale que nous brandissons comme un trophée mais s’il s’avère que des soupçons de corruption et surfacturation pèse sur lui mais éclaircissons le dossier pour que la vérité éclate.

En Guinée on aime salir avant que la vérité ne soit connue, Feu Mamadou Sylla a été incriminé, vilipendé, avant qu’un membre du Comité National d’Audit mise sur par le Président Moussa Daddis Camara, en Occurrence Mouctar Baldé n’affirme sur la Radio Espace que c’est l’Etat qui devait el hadj Mamadou Sylla. Ce débat est resté sans suite et n’a jamais été élucidé et Mamadou Sylla est Mort or ce Monsieur a sauvé ce pays d’une agression rebelle en fournissant des armes et la logistique militaires à notre armée au moment où les caisses de notre état étaient vides. Témoignage du Ministre Kiridi Bangoura lors du Symposium organisé sur le décès de El hadj Mamadou Sylla.

Nous avons tué la poule aux œufs d’or, puisque Futurelec Holding qui était dans les secteurs d’activités est tombé en faillite sous nos yeux en mettant des centaines de travailleurs au chômage.

L’affaire Air Guinée est encore pendante et sera simplement et surement classé sans suite puis que El Hadj Mamadou Sylla n’étant de ce monde et Cellou Dalein Diallo en exile, on ne connaîtra plus jamais la vérité sur ce dossier.

C’est pour ne plus verser dans toutes ces polémiques que le Groupe GUICOPRES s’est investi à mettre en place une procédure de norme et qualité ce qui a abouti à sa CERTIFICATION ISO, ce qui implique de facto que désormais le Groupe GUICOPRES devra veiller à travailler dans les conditions propres et saines et de façon professionnelle pour nous livrer des chantiers bien exécutés et arrêter tout débat de corruption qui pèse sur son PDG et surtout chercher à soigner son image et à rétablir la vérité. C’est à ce prix que sa crédibilité écorchée devra être établie.

Par Freddy Peyou Gballou

Journaliste, consultant en communication et marketing

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