INTERNATIONAL

Maroc : Vers une céréaliculture résiliente au changement climatique

Au Maroc, les conséquences de la sécheresse ont été aggravées par le conflit dû à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Le Maroc a contracté un prêt de 199 millions d’euros auprès de la Banque africaine de développement (BAD) pour financer son « Programme d’appui au développement compétitif et résilient de la céréaliculture » (PADCRC). Ce financement a été alloué au titre de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence, lancée, en mai, par la BAD en vue de se prémunir d’une éventuelle crise alimentaire en Afrique qu’entraînerait le conflit dû à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le PADCRC a pour objectif de garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle du Maroc et de réduire ses importations de céréales, en misant notamment sur l’amélioration de la productivité et de la résilience de la céréaliculture face au changement climatique, a expliqué la BAD.

Il a été conçu pour atténuer les conséquences de la sécheresse sur la sécurité alimentaire du pays, et implémenter des réformes structurantes qui devraient aboutir à des systèmes de production plus efficients, plus résilients et plus économes en ressources naturelles, a-t-on ajouté. Le financement de la BAD va contribuer à accroître la productivité céréalière de 50 pour cent, à réduire les importations de céréales de 20 pour cent à l’horizon 2030 et à augmenter les revenus des agriculteurs, a affirmé Achraf Hassan Tarsim, le responsable-pays de la BAD pour le Maroc.

« En somme, le projet va créer plus de valeur ajoutée et plus d’emplois pour les jeunes et les femmes en milieu rural », a-t-il dit. Après une reprise soutenue en 2021, l’économie marocaine a souffert cette année des effets d’une forte sécheresse, du ralentissement de l’économie mondiale et de la hausse des prix mondiaux de l’énergie et des denrées alimentaires, selon la Banque mondiale (BM). Les conséquences de la sécheresse, aggravées par la guerre en Ukraine, témoignent de l’exposition du Maroc aux chocs climatiques et aux chocs mondiaux sur les prix des produits de base, d’après cette institution financière internationale.

Dotée d’un budget de 1,5 milliard de dollars, la « Facilité africaine de production alimentaire d’urgence », fournira des semences agricoles résilientes au changement climatique (maïs, blé, riz, soja,…) à 20 millions de producteurs sur le continent africain. Elle permettra de produire, au cours des deux prochaines années, 38 millions de tonnes supplémentaires de nourriture, d’une valeur estimée à 12 milliards de dollars. L’Afrique était encore aux prises avec le financement de la relance post-Covid-19, lorsqu’a éclaté le conflit dû à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, déclenchant flambée des prix des denrées alimentaires et inflation, a déploré récemment Akinwumi Adesina, président du Groupe de la BAD.

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