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Comment avoir accès aux soins à Paris quand on n’a pas de papiers ?

Pour les migrants arrivant en région parisienne, la santé n’est souvent pas une priorité. La barrière de la langue et la méconnaissance de leurs droits poussent de nombreux exilés à se couper du monde médical. Pourtant des associations existent pour leur offrir un accès aux soins. InfoMigrants fait le point.

C’est un sujet crucial que les exilés relèguent souvent au second plan : la santé. Pourtant, les personnes arrivant illégalement en France, après une longue route de l’exil, ont un état de santé fragile. Et en arrivant en Europe, les choses ne s’améliorent pas toujours. Les mauvaises conditions d’accueil, la vie à la rue ou dans des logements précaires, la lente régularisation de leur situation administrative contribuent à dégrader leur état de santé.

Beaucoup aussi, étant sans papiers, ne cherchent même pas un accès aux soins pensant qu’ils n’y ont pas droit. C’est faux.

InfoMigrants fait le point sur les permanences de soins ouvertes à toutes les personnes arrivant à Paris qu’elles soient en situation irrégulière ou non.

Se soigner grâce à Médecins sans frontières (MSF)

Une clinique mobile est stationnée dans le nord de Paris, à la porte de la Villette, tous les jeudis de 10h à 15h.

La clinique se trouve sur le boulevard, au niveau des Restos du Cœur (15, Avenue de la Porte de la Villette, dans le 19e) – Metro 7 Porte de la villette – sortie 4

Les migrants peuvent rencontrer des médecins généralistes, des infirmiers. Des médiateurs culturels sont également présents pour faciliter les échanges notamment en langue dari et pachto.

Une deuxième clinique mobile s’installe deux vendredis par mois dans les jardins de la rue Pali Kao, à partir de midi, dans le 20e arrondissement. La clinique s’installe dans le parc où ont lieu des distributions alimentaires (organisées par les Midis du Mie) pour les mineurs isolés étrangers.

>> À relire : Mineurs isolés et consommation de drogues : l’importance de « sortir de la zone d’errance »

Se soigner grâce à Médecins du Monde (MdM)

Une clinique mobile est stationnée tous les lundis après-midi (sauf jour férié), à la sortie du métro La Chapelle (ligne 2). La clinique est ouverte de 13h30 à 17h. Il est préférable d’arriver tôt.

Deux médecins généralistes, une infirmière et « des traducteurs en dari, pachto et arabe sont présents sur place », rappelle Paul Alauzy, responsable des maraudes à Médecins du Monde.

L’ONG effectue aussi d’autres sorties :

  • Le lundi soir à 18h30 : une équipe de deux médecins et d’un psychologue sont présents, place de l’Hôtel de Ville pour aider les mineurs isolés et les familles.
  • Le mardi après-midi, de 14h à 17h : une permanence psychologique est accessible 15, boulevard de Picpus (12e arrondissement)
  • Le mercredi : des maraudes sont effectués sur les petits campements informels de Paris (près de Delphine Seyrig, Stalingrad…) et dans « des lieux plus cachés où les migrants survivent sans tentes », rappelle encore Paul Alauzy, de MdM.

– Plusieurs fois par semaine, des maraudes sont organisées dans les squats de la région parisienne (squat de Vitry, squat Unibeton de l’île Saint-Denis…)

Se soigner via les PASS : permanences d’accès aux soins de santé

En cas de pathologies sérieuses, les médecins présents dans les cliniques mobiles peuvent envoyer les malades vers d’autres structures : des PASS.

Ces centres de santé, situés dans les hôpitaux publics, sont destinés aux personnes sans aucune couverture de santé. Les migrants en situation irrégulière y ont donc accès.

Médecins du Monde et Médecins sans frontières orientent la majorité de leurs patients vers 3 PASS à Paris :

-La PASS de l’Hôtel Dieu, sur rendez-vous

-La PASS de l’hôpital Lariboisière, sans rendez-vous

-La PASS de l’hôpital Saint Antoine, sans rendez-vous

Il est possible de vous rendre directement dans les PASS, sans passer par les cliniques mobiles.

>> À relire : L’Aide médicale d’État : « Les sans-papiers ne sont pas mieux traités que les Français modestes »

Se soigner via le Samu social

Le Samu social effectue des maraudes dans Paris chaque nuit. Vous pouvez les joindre au 115 pour une demande médicale spécifique et urgente. Motorisées, les équipes peuvent venir à votre rencontre rapidement. Les équipes de maraudeurs sont généralement composées d’un travailleur social et d’un infirmier.

Se soigner via le projet Salam de la Croix-Rouge

Sur le site de la Croix-Rouge ils se définissent ainsi : « S comme Soin, A comme Accompagnement, L comme Liens familiaux, A et M comme Accueil Mobile ».

Salam a mis en place un dispositif spécial sous forme d’une camionnette médicalisée qui sillonne les rues de Paris l’après-midi et le soir. Le véhicule parcourt souvent le nord de la capitale, « de Pantin, jusqu’à la Gare de l’Est en passant par le quai de Valmy ».

Elle permet aux exilés d’avoir accès aux soins. « À bord, médecin, secouriste, traducteur et maraudeur Croix-Rouge viennent en aide aux personnes en situation d’exil, en dispensant des consultations médicales, en leur expliquant comment mener certaines démarches administratives et en leur proposant, aussi, de joindre leur proche », peut-on encore lire sur leur site internet.

Avec infomigrants

Guineesignal

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